Ce samedi 30 mai, un rassemblement d’opposition à la mainmise du milliardaire d’extrême droite sur le paysage culturel était organisé à l’initiative de la CGT spectacle à Paris. Preuve que le mouvement déborde, désormais, le monde du septième art.
Sous leurs bobs ou derrière leurs éventails colorés, ils étaient plusieurs centaines à s’être donné rendez-vous ce samedi 30 mai, à l’angle de la rue des Capucines et boulevard de la Madeleine, à proximité de l’Olympia, salle parisienne contrôlée, par l’intermédiaire de Canal +, par Vincent Bolloré. Des professionnels venus du cinéma, du théâtre, de la musique ou de la presse, qui ont répondu à l’appel lancé dix jours auparavant par la CGT Spectacle. Le syndicat qui rassemble, lui aussi, une pléiade d’acteurs de la scène et de l’audiovisuel, revendique au pic de l’événement 400 personnes, dont la comédienne Adèle Haenel.
Haut-parleurs survoltés
Dans toutes les bouches asséchées par la chaleur, il y a la tribune publiée le 11 mai dans Libé qui dénonce le «projet civilisationnel» identitaire du milliardaire mené grâce à sa «stratégie d’expansion». Dans toutes les têtes, le mouvement «Zapper Bolloré», qui a électrisé le dernier Festival de Cannes et compte à ce jour plus de 4 500 signataires à sa tribune. Le collectif a créé une dynamique qui s’étend à d’autres acteurs culturels que le septième art. «Books not bombs», suggère un tote bag. «Support your local independent cinema», clame un tee-shirt.
«Bolloré incarne à lui tout seul le paysage culturel. On ne peut pas se laisser faire, tous les artistes doivent se mobiliser», commente Gladys Sanchez, artiste et élue du Syndicat national des arts vivants (Synavi), malgré les haut-parleurs survoltés du camion CGT qui crachent de la musique depuis le début du rassemblement.
Entre deux morceaux joués en live, des représentants syndicaux ont pris le bâton de parole pour évoquer plus généralement l’avenir du cinéma — celui du CNC si le RN venait à prendre le pouvoir en 2027, mais aussi celui du réseau de salles UGC, en passe d’être intégralement contrôlé par Canal + d’ici 2028. Mais, «le problème ce n’est pas Canal + spécialement, le problème c’est Bolloré», s’indigne sous sa casquette bleue Julie Lavigne, régisseuse et projectionniste de retour de Cannes et membre du collectif de zappeurs. «Tous les maillons de la chaîne sont dans la même situation. Le jour où on nous fera sauter, on sautera tous ensemble», résume-t-elle encore.
Degré de «considération»
Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal +, est revenu lors d’une AG vendredi 29 mai sur ses propos virulents à l’encontre des signataires de la tribune, tenus sur la Croisette deux semaines plus tôt. Il s’est notamment défendu de recourir à une «liste noire», mais a assumé ajouter un critère à la prise en
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