Les députés Sandrine Rousseau et Erwan Balanant ont déposé une proposition de loi pour combattre “une machine à broyer des talents”, un an après le rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée. Passage en revue des principales dispositions.
Loin des paillettes et du tapis rouge du Festival de Cannes, les députés Sandrine Rousseau, (Les Écologistes, Paris), et Erwan Balanant (MoDem, Finistère), ont tenu une conférence de presse mercredi 13 mai au matin pour présenter une proposition de loi visant à lutter contre les violences dans le secteur de la culture. Ce travail s’inscrit dans la lignée de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale relative au même sujet, dont le rapport a été publié il y a un an et dont les deux parlementaires étaient respectivement présidente et rapporteur. « Beaucoup de choses ont changé depuis l’an dernier, les conventions collectives ont évolué, des formations se sont développées, a entamé Erwan Balanant. Mais chaque jour, il y a encore des victimes », a-t-il poursuivi, décrivant le système culturel actuel comme « une machine à broyer des talents ».
La proposition de loi comporte dix-neuf articles découlant des quatre-vingts propositions énoncées par le rapport. Pour Sandrine Rousseau, cela permet de « combler les trous dans la raquette » des textes de loi actuels et, surtout, d’instituer un cadre légal dans un contexte où « le talent, l’art et la création sont mis au-dessus de tout ». Or selon la députée, « toute création, tout art doit respecter les personnes qui contribuent à ce qu’il existe ».
Protection des mineurs
Les premiers articles sont consacrés à la protection des mineurs, avec notamment « l’interdiction de [leur] sexualisation à l’écran ainsi que dans les photos de mode destinées aux majeurs ». « Une avancée importante dans le contexte [de l’affaire] Epstein », selon Erwan Balanant. Les députés entendent également renforcer les conditions de travail des enfants de moins de 7 ans avec, par exemple, l’obligation de consulter un psychologue. « Quand on est enfant, on ne fait pas forcément suffisamment, ou de manière consciente, la différence entre un rôle et la vie. […] On ne veut pas que les mineurs soient traumatisés par des rôles qu’ils ont joués », a déclaré Sandrine Rousseau.
Casting et intimité
Autre point important, l’encadrement des castings qui comporte, à l’heure actuelle, de nombreux « angles morts ». À l’image d’un entretien d’embauche, ils devront s’effectuer à des heures ouvrables de travail (« ni tard le soir, ni très tôt le matin après une fête »), et dans des locaux professionnels. Autre règle « qui coule de source », l’interdiction de demander aux candidats de se dénuder, ou de réaliser des essais sur la base de scènes d’intimité ou à caractère sexuel. Avant le tournage, lesdites scènes devront, par ailleurs, être détaillées de manière précise dans le contrat des interprètes. Les « talents » bénéficieront également...
Lire la suite sur telerama.fr




