Avec l’explosion de l’IA générative, que peuvent faire les auteurs ? Réponse de Patrick Sigwalt, compositeur de musiques de film et président du conseil d’administration de la Sacem.
À cause de l’IA, les auteurs et les compositeurs pourraient perdre 24 % de revenus d’ici 2028(1). Que peut faire la Sacem face à l’IA ?
J’ai connu plusieurs innovations technologiques depuis le début de ma carrière en 1978. À l’époque, il n’y avait ni ordinateur ni boîte à rythmes. La particularité de l’intelligence artificielle, c’est qu’elle voudrait remettre en cause la création humaine. Ce ne sera pas le cas. J’ai la faiblesse de penser que quand quelqu’un va voir un tableau dans un musée, ce n'est pas simplement le tableau qui l'intéresse mais l'émotion transmise par l'artiste. À la Sacem et avec les autres OGC [organismes de gestion collective, ndlr] françaises et internationales, nous défendons les oeuvres de l’esprit.
Oui, l’intelligence artificielle prendra une part du marché, mais cette part sera celle d'une musique sans forte valeur ajoutée, fonctionnelle, et celle là, pourrait être remplacée par de l'IA. Nous, artistes, sommes là pour faire bouger les lignes, créer. Ce qu’une machine ne peut pas faire.
Les artistes doivent-ils s’emparer de l’IA ?
Oui, c’est un super outil. Je l’utilise tous les jours pour mettre en forme mes maquettes, voir mes versions finales dans certains domaines. Je fais des prompts [des instructions, ndlr] très détaillés avec la mélodie, l’harmonie, le rythme, etc. Cela pourrait s’apparenter à une partition du XXIe siècle. Le problème, c’est que, à l’ère de l’IA, certains métiers, y compris celui des interprètes, sont et seront menacés, tout comme ceux des créateurs. Ces deux populations étant souvent les mêmes.
Ces prompts, les artistes devront bientôt les déposer auprès de la Sacem…
C’est en effet à l’étude chez nous. Nous souhaiterions largement nous appuyer sur cet horodatage des prompts pour traquer les gens qui ont...
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