Une nouvelle étude cerne un manque à gagner annuel à la billetterie québécoise de plus de 100 millions.
Une étude menée par la billetterie indépendante TUXEDO, dont les conclusions préliminaires ont été dévoilées lundi à Québec lors du Forum RIDEAU, démontre que le prix du billet de spectacle vivant québécois n’a pas suivi la courbe de l’inflation ni le pouvoir d’achat des Québécois depuis plus de 20 ans. Selon cette étude, les recettes à la billetterie, toutes disciplines artistiques confondues, accuseraient un manque à gagner de plus de 100 millions de dollars par année. « Des constats s’imposent », estime le président et directeur numérique du Groupe iCible, Mathieu Bergeron, qui a piloté l’étude.
M. Bergeron présentait lundi les conclusions préliminaires de l’étude — dont la version finale sera dévoilée le 18 mars prochain — aux représentants du milieu du spectacle vivant réunis à Québec pour l’événement RIDEAU, qui se décrit comme « le plus important rendez-vous francophone des arts de la scène en Amérique », réunissant près de 1500 participants, parmi lesquels plusieurs Européens.
Ces conclusions tendent à démontrer que, depuis 2002, « la croissance des prix des billets est donc restée largement inférieure à celle du revenu des ménages et en deçà de l’inflation ».
« Le but de l’étude est de montrer aux diffuseurs et aux producteurs de spectacles l’ampleur de l’écart qui s’est creusé dans le prix du billet face à l’inflation et à la capacité de payer du consommateur, et ensuite arriver à ce que l’industrie s’interroge sur ce qu’il faut faire » face au manque à gagner qui prive le milieu du spectacle de précieuses ressources, résume Mathieu Bergeron en entretien avec Le Devoir.
Autrement dit, le prix du billet de spectacle serait trop bas « par rapport à ce que le public avait l’habitude de payer il y a une vingtaine d’années ». L’auteur de l’étude nomme une des principales conséquences de ce manque à gagner la « réduflation artistique » : « Pour compenser cette stagnation relative des revenus de billetterie, les productions ont progressivement réduit leurs équipes, leurs moyens techniques ou l’ampleur de leurs projets. Le spectacle conserve son titre et sa promesse, mais fonctionne avec moins de ressources. »
Mathieu Bergeron nomme d’autres conséquences de ce manque à gagner : « Précarisation des artistes, départ de talents techniques vers d’autres secteurs, dépendance accrue aux...
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