Multiprimé, « Le Procès d’une vie », sur le combat pour l’avortement de l’avocate Gisèle Halimi, a notamment reçu le Molière du théâtre privé. Celui du théâtre public revient à « I Will Survive », de Jean-Christophe Meurisse. Parmi les comédiens récompensés, Laurent Lafitte, Elsa Lepoivre, Josiane Balasko, Jérôme Kircher et Alex Lutz.
Beaucoup de mots, quelques discours, et pas l’ombre d’un esclandre : la 37e cérémonie des Molières n’a pas versé dans la polémique face à Catherine Pégard, nouvelle ministre de la culture, qui a pu assister sereinement à la remise de 19 statuettes dans le superbe théâtre des Folies-Bergère à Paris.
Il faut dire qu’il y avait un absent de taille lors de cette soirée retransmise en prime-time sur France 2 : la CGT, pourtant annoncée au planning, n’était au rendez-vous ni dans la salle ni sur la scène. « La cérémonie des Molières refuse une prise de parole des professionnel.les du spectacle ! », a fustigé le syndicat dans un communiqué s’alarmant, à juste titre, de la situation tendue du secteur : « Un plan de licenciement massif est à l’œuvre dans le spectacle vivant. Les festivals de l’été, dont le Festival d’Avignon, sont menacés, et nous n’aurions donc pas le droit à une petite minute pour parler de nos problématiques de travail lors d’une remise de prix consacrée à nos professions ? Mais quelle indécence. »
L’inquiétude était pourtant palpable lors des prises de paroles qui se sont succédé des premiers aux derniers lauréats. Une inquiétude diffuse dont Alex Vizorek, brillant maître de cérémonie, a su se faire d’entrée de jeu le passeur. De retour pour la troisième fois aux manettes de la soirée de récompenses du théâtre français, l’humoriste belge, qui assaisonne ses moqueries d’une ironie cinglante, a ramassé, dans sa présentation, les problèmes d’argent, d’ego, de narcissisme, de conformisme, de misogynie, mais aussi les menaces de l’extrême droite ou les dangers de l’intelligence artificielle. Un tour de force mené par un maître des horloges attentif à ce que le tempo ne faiblisse pas. Ce qui, dans l’ensemble, a été le cas, les séances se suivant sans trop s’appesantir avec, parfois, de belles fulgurances.
Sujets des spectacles en appui des sonnettes d’alarme
« Je vous demande de nous protéger pour l’avenir » : en s’adressant à Catherine Pégard, Jean-Christophe Meurisse, metteur en scène qui venait de recevoir le Molière du théâtre public pour I Will Survive, est allé à l’essentiel. A son image, les artistes récompensés ont opté pour la sobriété. Plutôt que de multiplier les revendications, ils se sont appuyés sur les sujets de leurs spectacles pour activer des sonnettes d’alarme. Autant de détours qui ont inscrit, mine de rien, le théâtre dans le monde et immiscé le monde dans...
Lire la suite sur lemonde.fr




