100 % indé, hyper sélective, coopérative… Quelques plateformes encore confidentielles, comme Nina Protocol, Subvert ou Cantilever, tentent d’inventer de nouvelles façons de diffuser la musique dématérialisée, souvent plus équitables pour les créateurs.
Un tout début de ras-le-bol ? Après les sempiternelles plaintes contre la faible rémunération des artistes, l’investissement l’été dernier de millions de dollars dans l’IA militaire par son fondateur Daniel Ek a encore un peu plus terni l’image de Spotify. Ce qui n’a pas empêché le nombre d’abonnés à la plateforme suédoise, dominante dans le secteur, de bondir encore de 10 % en 2025.
Boycotter le mastodonte, pourquoi pas, mais pour aller où ? Après tout, les autres gros acteurs comme Deezer ou Apple Music ne sont pas forcément plus vertueux. Et un autre modèle d’abonnement pour accéder à un immense catalogue — schéma qui ne sera, peut-être, jamais rémunérateur pour beaucoup de créateurs — peine à se dessiner.
Loin des yeux du grand public, quelques initiatives essaient pourtant d’inventer un autre avenir pour la musique enregistrée. Nina Protocol, créé en 2021 par des New-Yorkais, se dit ainsi « 100 % musique indépendante. Pas d’influence des majors, pas de manipulation des algorithmes ». Les artistes mettent directement leurs œuvres en ligne grâce à une technologie de stockage proche du blockchain, et non pas sur des serveurs centralisés.
La totalité des revenus leur revient, et le site met en avant la sélection des contenus et le partage de coups de cœur. Il a déjà séduit des groupes (certes confidentiels, mais réputés) comme Model/Actriz ou Chanel Beads et quelque quarante mille utilisateurs mensuels. Avec son interface pas si intuitive et son absence de noms connus de tous, on imagine toutefois mal Nina Protocol grossir beaucoup plus.
Des labels tentés
Cantilever, créé en Angleterre, a l’avantage de la simplicité. Il prend modèle sur Mubi, une plateforme consacrée au cinéma qui mise sur la qualité plutôt que sur la quantité : en échange de 5,99 euros par mois, on accède à une dizaine de disques, avec une sélection qui tourne. Des labels emblématiques comme Matador, Rough Trade ou Warp ont rejoint l’aventure.
Son fondateur, Aaron Skates, vante les bénéfices de son modèle pour les artistes. « Leur part est beaucoup moins diluée, a-t-il expliqué au Guardian. Trente artistes au maximum reçoivent l’ensemble des revenus des abonnements, contre les 100 millions de titres sur Spotify. » S’il atteint dix mille utilisateurs, le site pourrait reverser entre 2 000 à 3 000 livres aux...
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