L’instabilité du commerce international des archets en pernambouc relance le débat sur les archets en carbone. Longtemps cantonnés aux débutants, vont-ils un jour remplacer le bois de référence ?
La COP20 de la CITES, réunie fin novembre 2025 à Samarcande, n'a pas inscrit le pernambouc à son annexe I, ce qui aurait de facto interdit tout commerce et tout transport international de ce bois. Mais la pression ne faiblit pas. Une nouvelle annotation est entrée en vigueur le 5 mars 2026 : tout archet fini traversant une frontière hors Union européenne est désormais soumis à un permis CITES. Pour les musiciens d'orchestre en tournée, l'équation se complique, et c'est dans ce contexte que la question du carbone revient sur la table.
Pernambouc « vivant »
Pour Richard Schmoucler, violoniste à l'Orchestre de Paris, le bilan est sans appel : « Quand on joue avec un archet en carbone, c'est un peu comme si on jouait avec une très légère sourdine, ça ne développe pas d'harmonique du tout, le son est beaucoup plus mat. » Il se souvient d'une tournée aux États-Unis où l'orchestre avait dû acquérir des archets en carbone pour satisfaire aux règles douanières liées à la CITES : « C'était quand même une grosse frustration de ne pas retrouver notre son habituel. »
Clémence de Lartigue, archetière, voit plutôt les choses sous un angle historique : « Ce bois est unique puisqu'il est particulier à son terroir, il a une flexibilité, une richesse sonore et permet une couleur et une diversité dans le son qu'on ne retrouve dans aucun autre bois. » La factrice rappelle aussi que l'IPCI, l'Initiative internationale de conservation du pernambouc, a planté plus de 340 000 arbres au Brésil, bien au-delà de la consommation réelle du secteur. « Aujourd'hui, virtuellement, aucun arbre n'est coupé au Brésil pour les archets, s'il y en a, c'est uniquement pour la recherche. »
« Autant d’archets en carbone que de fabricants »
Du côté des fabricants d'archets en carbone, la réponse est bien plus nuancée. David Moreno, du département R&D de Luthier Vidal, reconnaît que les premiers archets en carbone « étaient des structures rigides qui ne cherchaient que la résistance ». Mais les techniques ont évolué : des architectures de couches croisées permettent aujourd'hui une...
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