Son programme Dance Reflections soutiendra quatre spectacles au Festival d'Avignon. Le joaillier perpétue une tradition lancée dès 1906. Il est l'un des trop rares mécènes de la danse en France.
Pour la troisième année, Dance Reflections, programme de mécénat de Van Cleef & Arpels, soutiendra quatre spectacles au Festival d'Avignon. Puis en septembre, le joaillier accompagnera en Angleterre « Gentleman Jack » du Northern Ballet, la chorégraphie qui a remporté en 2025 le Prix Fedora-Van Cleef & Arpels pour la danse, doté de 100.000 euros.
Le groupe de luxe a été le premier mécène, dès 2015, de Fedora. Cette organisation à but non lucratif créée à Paris pour lever des fonds au bénéfice de coproductions d'opéra et de danse s'appuie sur un réseau de 130 institutions culturelles dans 28 pays. Pour le joaillier c'est une continuité historique.
« Dès sa fondation en 1906 place Vendôme, la Maison a montré un intérêt pour l'art chorégraphique. Féru de ballet, Louis Arpels se rendait régulièrement à l'Opéra Garnier en compagnie de son neveu Claude. De ce goût sont nés en 1941 les premiers bijoux ' Danseuse ' représentant des ballerines, lançant une tradition joaillière enrichie au gré des décennies », rappelle la directrice générale de Van Cleef & Arpels, Catherine Rénier.
Des valeurs communes
À la fin des années 1940, Claude Arpels rencontre George Balanchine, cofondateur du New York City Ballet et leurs échanges donneront naissance en 1967 au ballet « Joyaux », qui associe chaque acte à une gemme et à un compositeur : Emeraudes, Fauré ; Rubis, Stravinski ; Diamants, Tchaïkovski. Pour la première fois, la Maison se tourne vers la création. Quarante ans plus tard, elle accompagne la présentation de « Joyaux » au Royal Opera House de Londres et imagine la collection « Ballet Précieux ».
« Dans les années 2000, nous avons eu le désir de rendre à un art qui nous avait tant apporté et dont les valeurs de création, transmission, éducation, nous sont chères, en soutenant des institutions, des artistes tel Benjamin Millepied, puis la création chorégraphique de demain avec Fedora », poursuit la dirigeante.
Investir dans l'innovation
« Investir dans l'innovation culturelle reste un défi à appréhender pour les mécènes. Ils soutiennent des oeuvres qui ne verront le jour qu'un ou deux ans plus tard, font confiance à notre jury, et acceptent de s'engager pour permettre à de jeunes créateurs d'émerger, de transformer leur vision artistique en un projet international », renchérit Edilia Gänz, directrice de Fedora.
Après plus qu'une décennie de recul, l'impact sur les trajectoires artistiques est tangible, ce qui donne confiance aux mécènes, tandis que les artistes apprennent à expliquer leur démarche à des interlocuteurs issus d'autres horizons, souligne-t-elle. Parmi les succès, « Love Chapter 2 » de Sharon Eyal, laquelle figure maintenant dans le Top 20 des 50 chorégraphes les plus programmés (cet été au Grand Palais).
La danse, parent pauvre du mécénat
Mais les mécènes de la danse sont rares (Paprec, Caisse des Dépôts, Chanel, Dior, L'Oréal, Fonds Haplotès, Fondations Hermès, BNP Paribas, Culture & Diversité, Groupe EDF) et souvent tournés vers les valeurs sûres : ballet de l'Opéra de Paris, Chaillot, Théâtre de la Ville, Montpellier Danse, Biennale de la danse et Maison de la danse à Lyon, Centre national de la danse à Pantin…
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