La ministre sortante, qui quittera bientôt le gouvernement pour se consacrer à sa campagne municipale, a profité de ses adieux jeudi soir pour partager ses «combats menés» et ses «fiertés» depuis deux ans rue de Valois.
Deux ans après son arrivée rue de Valois, la ministre Rachida Dati avait choisi de présenter ses vœux au monde de la Culture jeudi soir depuis le palais de la Porte Dorée, à Paris. Si en 2024 et en 2025, la foule était dense dans l’immense salle des fêtes années 1930, le cru 2026 était plus clairsemé. Le spectacle vivant, scandalisé par la réduction ou le gel des crédits, avait prévenu de son boycott. Dehors, la CGT criait son désaccord, autour du même motif. Quant à ceux qui avaient fait acte de présence, ils étaient là pour marquer leur soutien, tout autant que pour faire leurs adieux. D’ici la fin février, à une date encore inconnue - que certains imaginent autour du 15 -, Rachida Dati va quitter la le gouvernement pour plonger complètement dans la campagne des municipales. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, ayant annoncé un «ajustement» de son l’exécutif, il n’y a aucun retour possible, quelle que soit l’issue du scrutin des 15 et 22 mars prochains.
Que peut alors dire une ministre ayant déjà un pied dehors ? Qui part alors que le budget de la culture va être durement touché ? Rien ou si peu. A-t-elle aimé être rue Valois, elle qui avait été accueillie un peu fraîchement car «elle n’y connaissait rien» ? Regrette-t-elle de devoir quitter le terrain, alors que d’autres ministres, par le passé, avaient su conjuguer un portefeuille et une campagne municipale ? On n’en sut rien. Pendant 25 minutes, et sans sa gouaille habituelle, Rachida Dati a principalement dressé un bilan de deux ans à la tête d’un «ministère de conviction», permettant «de faire tomber les barrières» - entre riches et moins riches, habitants des villes ou des zones rurales. Entourée des directeurs de son administration, avec qui elle a entretenu de bonnes relations, et sur lesquels elle s’est appuyée, la ministre sortante a égrainé les réussites, les choses abouties, les «combats menés» et les «fiertés».
Dans sa longue liste, figuraient l’accès à la culture pour tous, réforme du pass culture, le lancement d’un fonds pour l’art public, d’un programme autour de la lecture, du plan pour la culture dans la ruralité, de la création d’un nouveau modèle économique pour le patrimoine, de grands travaux, de la préservation des droits d’auteur face à l’IA, de mesures pour renforcer la sécurité dans les musées, ou encore d’un projet de loi sur les restitutions d’œuvres d’art, tout juste présenté au Sénat...
Alors que chacun dans la salle s’interrogeait sur la manière dont il allait passer cette année de vaches maigres, Rachida Dati a même affirmé qu’elle avait «défendu» son budget. Il est vrai que l’énergie mise à lutter contre Bercy pour le budget de l’année dernière, est mise à son crédit par les institutions, qui ont vu cette femme énergique et parfois sans filtre se battre pour limiter les dégâts. Pour 2026, l’errance budgétaire aura mis toutes velléités au panier: Dati la combattante aura joué de malchance.
Au milieu de ce bilan déroulé d’une voix sage, un sujet a fait naître un éclair de passion dans sa voix: la liberté de création. «Face à la montée des communautarismes, à ceux qui intimident, menacent, je ne céderai pas. La mission est difficile, il faut entraîner la Justice et l’Intérieur dans ce combat républicain, mais on ne doit pas céder», a affirmé la ministre, mettant en avant le lancement du chantier de la maison du dessin de presse, qui «dit ce que nous sommes et ce contre quoi nous résistons».
Voilà pour ces derniers vœux, exempts de toute information sur le futur proche de Dati, comme si le secteur pouvait passer d’un ministre à un autre, sans que cela ne change réellement son quotidien. Exempts également, de messages sur les dossiers inaboutis, comme la réforme de l’audiovisuel public (qu’il faudra «faire» à l’avenir, a-t-elle tout de même glissé) ou le vol des bijoux du Louvre (qui a permis de «repenser la sécurité dans les musées»). Et sans mot, non plus, sur le président de la République, dont elle fut le...
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