Auditionnée le 6 mai par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, la ministre de la Culture Catherine Pégard n’a pas caché la gravité de la situation budgétaire pour les acteurs en région. Elle a insisté sur l'articulation entre Etat et collectivités et pris quelques engagements.
« Les territoires restent une priorité », a affirmé la ministre de la Culture, Catherine Pégard, le 6 mai, dans un propos liminaire lors son audition par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.
Une déclaration qui s’inscrit néanmoins dans ce qu’elle a appelé « dans une conjoncture hostile » : « l’annonce de retenues complémentaires sur les crédits déconcentrés (1) entraînerait des conséquences difficilement soutenables ». Analyse qu’elle a affirmé défendre auprès de Bercy.
En référence à la préparation en cours du budget 2027, « Catherine Pégard n’a pas caché qu’il y aurait des projets à redimensionner, limiter ou reporter. » Pour autant, la locataire de la Rue de Valois a invité à « ne rien céder sur ce qui fait nos convictions qui ont fait et qui font toujours l’exception culturelle française. »
Circulation des artistes et enracinement dans des lieux
Pour Catherine Pégard, l’Etat et les élus doivent « renforcer la concertation. Ensemble, nous trouverons des solutions. » Elle a estimé « nécessaire de penser l’articulation entre tous les territoires, grands et petits, et de développer une transversalité encore trop frileuse. » Plus concrètement, la ministre a cité « la circulation des artistes, des productions et des œuvres, parallèlement à l’enracinement dans les lieux, illustré, par exemple, par les résidences d’artistes. »
La ministre a cité le cas de Bourges 2028, projet de capitale européenne de la culture, « qui est l’incarnation de cette volonté, avec la ruralité française qui devient le cœur de la culture européenne
Pass culture et éducation artistique et culturelle
Catherine Pégard a indiqué que le pass Culture serait « stabilisé et conforté » pour en faire un outil d’éducation artistique et culturelle, domaine qu’elle a qualifié d’« élément central de [sa] politique ». Evoquant les « critiques » dont le dispositif a fait l’objet à ses débuts, elle a fait valoir qu’il est aujourd’hui « plébiscité par les jeunes » et qu’il est « à l’origine de tout », en matière d’accès des jeunes à la culture.
A ce sujet, une « prochaine rencontre » aura lieu avec son homologue de l’Education nationale, Edouard Geffray.
Déplafonnement de la taxe sur les spectacles
Malgré son relèvement 58 millions d’euros pour 2026, le plafonnement de la taxe sur les spectacles continue de jouer contre le dynamisme du secteur. Cette année, elle devrait dégager 70 millions d’euros de recettes, dont 12 millions seront restitués à l’Etat, au lieu de revenir au Centre national de la musique (CNM) pour financer les aides au développement des équipements contributeurs.
Devant les députés, la ministre de la Culture s’est déclarée « favorable à son déplafonnement » et promis d’essayer de « convaincre Bercy de revoir cette taxe. » Car pour Catherine Pégard, « le spectacle vivant est une composante vitale de notre culture. Je ne peux pas imaginer qu’on la pénalise. »
Patrimoine : nécessaire « gestion de père de famille »
Concernant les églises vétustes ou délabrées, la ministre a estimé qu’ « on a trop longtemps laissé se détériorer [ce patrimoine] en oubliant les réparations de père de famille. »
Pour ce qui est de la sécurisation des lieux patrimoniaux, Catherine Pégard a rappelé le fonds de sûreté de 30 millions d’euros décidé par le gouvernement dans le sillage du cambriolage survenu au Louvre le 19 octobre 2025. Par ailleurs, elle a indiqué que les recommandations du rapport « Marion » sont à l’étude, en lien avec...
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