En diminuant, sans l’avouer, le budget du dispositif alloué aux établissements scolaires, le ministère de l’éducation nationale récupère quelques millions d’euros, mais frappe des projets éducatifs et fragilise le secteur artistique. Et ce n’est pas la première fois.
Encore une fois, l’éducation artistique et culturelle (EAC) en milieu scolaire fait les frais de la disette budgétaire. Et pour éviter l’orage, le coup de rabot s’est fait en catimini, quitte à maquiller la vérité auprès du personnel dans les établissements scolaires. «On nous a demandé de mentir aux chefs d’établissement, mais la loyauté du fonctionnaire a des limites», dit un agent en première ligne dans ce dossier, en poste dans un gros rectorat, et qui ne décolère pas depuis la rentrée.
Chaque année, les établissements scolaires disposent d’un budget pour financer places de spectacle, ateliers hors les murs, séances de cinéma ou projets artistiques, grâce à la part collective du pass Culture. Officiellement, selon les dispositions de la loi de finances votée en janvier 2026, collèges et lycées pouvaient se partager une enveloppe de 62 millions d’euros. Une première part de cette enveloppe a été versée pour la période comprise entre mars et juin, la deuxième à la rentrée, afin de financer les projets jusqu’en décembre.
La procédure semblait limpide : le ministère de l’éducation nationale, dans un mail envoyé largement dans les administrations et auprès des chef·fes d’établissement le 27 février, indiquait alors noir sur blanc que les crédits non dépensés en juin pourraient être reversés en septembre, et s’ajouteraient ainsi à la deuxième part de l’enveloppe.
Fortes de cette information, nombre d’équipes éducatives ont préféré...
Lire la suite sur mediapart.fr




