Pendant ses concerts parisiens, la chanteuse utilise une technologie propulsée par IA qui restitue la pureté de sa voix. Révolutionnaire pour la musique live.
On l’a un peu oublié derrière le déferlement médiatique qui a entouré la résidence de Céline Dion aux portes de Paris, dont la première vague s’est achevée ce samedi soir (soit seize concerts depuis le 12 septembre, avant dix de plus prévus au mois de mai), mais la star québécoise chantait dans un stade de rugby. C’est comme cela que la salle, qui s’est tour à tour appelée U Arena, Paris La Défense Arena ou Plenitude Arena, a été conçue à Nanterre : pour accueillir les matchs du Racing 92. Dans la même ambiance, on y avait carrément installé une piscine olympique pour les Jeux de Paris en 2024. Le problème, c’est quand il faut y chanter et que vous êtes Céline Dion ; que tout le monde vient pour votre voix en espérant qu’elle ne soit pas altérée par la maladie qui vous a tenue loin des scènes depuis de longues années. On ne jugera pas la performance artistique faute d’avoir réussi à trouver une place, mais de l’avis général, cette voix est bien là. Elle est « maîtrisée », « toujours saisissante » et aurait carrément gagné « une patine ». On a même un scoop ici : c’est la voix la plus pure qu’un public ait jamais entendue – ou presque –, grâce à une nouvelle technologie propulsée par intelligence artificielle qui fait de cette série de concerts un point de bascule dans l’histoire de la musique live. Ni plus, ni moins.
"Depuis toujours, le micro d’un chanteur attrape aussi tout ce qui se passe sur scène. La batterie qui est souvent placée au centre juste derrière, une guitare dès que le chanteur bouge…"
Ryan John, directeur des produits chez L-Acoustics et ingénieur du son
C’est L-Acoustics, une entreprise française devenue majeure dans le petit monde de la sonorisation d’événements, qui assure toute la technique pendant cette résidence. Des enceintes high-tech à gauche, à droite, au centre, de quoi arroser jusqu’au dernier rang tout là-bas… Mais surtout un nouveau logiciel, Source Intelligence, qui permet « de supprimer du son capté par le micro tout ce qui n’est pas la voix » de Céline Dion, explique aux Jours Ryan John, qui est le directeur des produits chez L-Acoustics et lui-même ingénieur du son pour des tournées. « Depuis toujours, le micro d’un chanteur attrape aussi tout ce qui se passe sur scène. La batterie qui est souvent placée au centre juste derrière, une guitare dès que le chanteur bouge… » Pire, la mode des scènes avec une longue avancée au milieu du public laisse tout ce qui sort des enceintes frontales revenir dans le micro, « mais aussi les gens qui crient à deux mètres ». Pour les ingénieurs du son chargés de mixer tout cela en direct afin de restituer l’émotion et l’énergie du moment, c’est une galère. « Ils ont des moyens limités, parce que s’ils utilisent une reverb ou un autre effet, il s’appliquera à tout ce qui est capté par le micro. » Idem si le chanteur joue aussi de la guitare…
Le monde de la musique se débattait jusqu’ici avec...
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