Ouvert en 2002, le lieu dédié à la jeune création contemporaine est menacé. Comment comprendre que la ville de Paris valide publiquement un lieu tout en engageant simultanément son expulsion ? Plus de 300 artistes se mobilisent.
Nous apprenons avec sidération que LaTour111, dans le bâtiment de la fontaine de la Croix-du-Trahoir (Ier arrondissement), lieu de création, de recherche et de réflexion à Paris dédié à la jeune création contemporaine depuis un quart de siècle, est menacée d’expulsion.
La ville prétend avoir besoin de vider le lieu pour… un ravalement.
Ce bâtiment subira-t-il le même sort que la fontaine Molière, rue de Richelieu, ressuscitée par le même collectif après qu’il eut été laissé abandonné durant douze ans ? Les artistes avaient accepté de laisser leurs espaces de création durant trois mois pour effectuer des travaux de ravalement : ils sont terminés depuis trois ans : le lieu est désespérément vide et sans projet.
Rue Saint-Honoré, le collectif a investi en 2002 cet immeuble abandonné depuis quinze ans.
Les ateliers et la galerie dans lesquels les femmes ont toujours été majoritaires, sont dirigés par deux jeunes femmes artistes et curatrices. C’est un lieu reconnu dans l’art contemporain, référencé par le Centre national des arts plastiques et ses artistes ont exposé récemment au MacVal, au Grand Palais et reçoivent des commandes publiques de la ville.
Une décision administrative absurde
Chaque année, en 2026 aussi, la programmation de LaTour111 s’inscrit dans le parcours officiel de la Nuit blanche, à l’invitation de la direction des Affaires culturelles de la ville de Paris. Comment comprendre qu’une même institution valide publiquement un lieu tout en engageant simultanément son expulsion ?
Comment ne pas voir dans cette décision administrative absurde, le symptôme d’un mal plus profond : l’effacement progressif des espaces de création au centre de la capitale ?
Expulser les artistes enverrait un signal désastreux.
Cela contredirait les engagements publics en faveur de la jeune création.
Cela affirmerait que la précarité est l’horizon indépassable de celles et ceux qui créent.
Paris revendique son statut de capitale culturelle mondiale. Cela repose aussi sur l’effervescence de ses ateliers et l’opportunité pour de jeunes artistes de travailler au centre de la ville, dans des lieux intermédiaires où l’expérimentation est encore possible, dans des espaces essentiels où se fabrique l’art de demain.
Ici, le risque est évident : qu’un espace productif, reconnu, vivant, actif depuis vingt-quatre ans, cède, encore une fois, la place au vide.
Nous, personnalités du monde de l’art, tenions à rappeler solidairement notre attachement à ce lieu et à sa survie.
Le collectif demande son maintien dans LaTour111, rue Saint-Honoré, et sa réintégration dans le bâtiment abandonné de la rue Molière. Que le vide ne...
Lire la suite sur liberation.fr




