Pour les festivals en milieu rural, l’accès au mécénat reste largement conditionné par la vitalité du tissu économique local.
Au cœur de la Haute-Loire, le Festival de La Chaise-Dieu affiche un nombre important de soutiens locaux et nationaux. Au total, 35 % de son budget est issu du mécénat. S’il est implanté dans un territoire rural, loin des grandes fondations parisiennes, des industries comme Michelin, Limagrain ou Casino demeurent attachées à leur région d’origine, n’hésitant pas à investir dans les projets culturels avec une grande fidélité. Mais la diversité des territoires offre un accès inégal à ces ressources. Comment financer son événement grâce au mécénat lorsque le territoire d’implantation ne bénéficie pas d’un vivier d’entreprises capables de flécher leurs fonds ?
Des mécanismes méconnus
En 2003, la loi Aillagon a introduit un cadre fiscal incitatif permettant d’impliquer les entreprises et les particuliers dans des actions d’intérêt général. Au Festival de Chaillol, le mécénat représente environ 2 % du budget, soit environ 20 000 euros sur 700 000 euros au total. « Dans les Hautes-Alpes, nous avons surtout des artisans et de très petites entreprises qui n’ont pas forcément une grande connaissance de la loi sur le mécénat et qui privilégient plus facilement le milieu sportif, il est essentiel d’ajuster le niveau d’attente à la réalité de chacun », note le directeur artistique, Michaël Dian. Ici, pas de club de mécènes, mais du « micro mécénat », avec des particuliers qui participent régulièrement à la hauteur de leurs moyens et contre déduction fiscale.
À Saint-Florent-le-Vieil, dans le Maine-et-Loire, ces particuliers généreux permettent aussi au festival Le Rivage des voix d’équilibrer son budget, qui s’appuie sur 30 % de financements publics, 30 % de mécénat et 40 % de fonds propres. « Nous sommes toujours dans cette gymnastique : quand il y a des baisses chez certains mécènes d’entreprise, nous pouvons compenser avec davantage de particuliers », témoigne le directeur, André Retailleau. Le mécénat de compétences permet aussi d’alléger les charges sur certains postes. Dans le Maine-et-Loire, le Super U propose ses produits pour alimenter le catering du festival, et un garage automobile met à disposition des véhicules pour les transferts des artistes.
Des petites rivières…
Selon Alexandra Bobes, directrice de France Festivals, les festivals dans les territoires peu dotés reposent surtout sur une constellation de petits mécènes. « Quand on additionne ces sommes et le mécénat en nature, ce sont des aides importantes dans un budget, affirme-t-elle. Mais cela demande un travail considérable pour des équipes qui sont parfois entièrement bénévoles, il est très rare qu’il y ait un chargé de mécénat à temps plein. » La Chaise-Dieu a cette chance. « Nous avons un poste dédié que nous allons étoffer dans les années à venir car il prend de plus en plus d’importance », indique le directeur artistique, Boris Blanco.
Le festival, pour entretenir le lien avec ses mécènes, propose de nombreuses contreparties toute l’année : petits déjeuners, cocktails, places de concert en saison. « Nous nous devons de leur organiser ces temps de relations publiques, certains de nos mécènes sont là depuis plus de quarante ans et nous permettent de nous projeter sur plusieurs années », poursuit-il. Le Rivage des voix offre des...
Lire la suite sur lalettredumusicien.fr




