L’avocate Agnès Tricoire préside l’Observatoire de la liberté de création. En juin dernier, l’Observatoire s’est adressé à l’Association des maires de France, pour l’alerter sur la «recrudescence des actes de censure émanant des maires» et lui demander de rappeler aux édiles leurs obligations légales.
Les libertés de création et de diffusion sont inscrites dans la loi. Le ministère de la Culture s’est doté d’un plan sur le sujet. Et pourtant les conflits se multiplient. N’est-ce pas paradoxal ?
La culture devient un enjeu politique, d’où l’ampleur que prennent les polémiques sur des œuvres. Beaucoup de monde émet un avis, le plus souvent sans avoir vu l’œuvre contestée. La toute première recommandation à faire aux élus est donc : «allez voir l’oeuvre qui fait polémique, faites-vous votre propre opinion, avant de prendre la moindre décision.»
Les libertés de création et de diffusion sont-elles suffisamment protégées ?
Depuis que notre observatoire existe, la jurisprudence a progressé grâce à la distinction que font aujourd’hui les juges entre les propos publics d’un auteur ou d’un artiste et ceux que tient un personnage de fiction. Distinguo sur lequel notre manifeste insiste depuis 2003, à la suite d’un travail que nous avons mené sur la notion de «représentation».
Une œuvre d’art, qu’il s’agisse de mots, de sons ou d’images, est toujours de...
Lire la suite sur lagazettedescommunes.com




