Sur le départ du ministère pour briguer la mairie de Paris, Rachida Dati s’est adressée à la profession jeudi soir, sur fond de boycott des organisations du spectacle vivant. Entre bilan enjolivé et annonces parfois floues.
Trois petits-fours et puis s’en va… Ce jeudi 29 janvier, au palais de la Porte-Dorée, les vœux de la ministre de la Culture avaient un parfum de fin de règne. À l’extérieur, la CGT criait son mécontentement, tenue à l’écart par une barrière. À l’intérieur, une assistance clairsemée disait aussi beaucoup de la grogne générale. Les syndicats et organisations professionnelles du spectacle vivant avaient prévenu : ils n’assisteraient pas aux derniers vœux de Rachida Dati. En cause : la baisse générale du budget de la culture pour la deuxième année consécutive et notamment une réduction drastique du Fonpeps, un dispositif destiné à soutenir l’emploi pérenne dans le spectacle vivant. Un fonds que la ministre se félicitera pourtant, quelques minutes plus tard, dans son discours, d’avoir « sanctuarisé », oubliant au passage de mentionner que le montant des crédits qui lui est alloué passe de 55 millions en 2025 à 35 cette année… Dans un secteur déjà fragilisé par les effets conjugués de l’inflation et de la baisse des budgets de nombreuses collectivités, l’impact de cette réduction est redouté et pourrait, entre autres, avoir d’importantes conséquences sur le nombre de spectacles présentés au Off d’Avignon cette année. D’où ce fort sentiment de dissonance entre les faits d’armes revendiqués et la réalité du terrain.
Car, cette fois encore, Rachida Dati a longuement égrené ses succès à la tête de ce « ministère des convictions ». En commençant par le plan Culture et ruralité, « qui compose 88 % de notre territoire et où vivent 22 millions de nos concitoyens, plan que j’ai lancé, et qui continue de se déployer ». Une réussite cependant difficilement vérifiable, puisque, faute de moyens nouveaux, le plan repose essentiellement sur une réorientation de crédits existants, permettant d’afficher des réalisations ponctuelles ici au prix de renoncements ailleurs.
Sur la part individuelle du pass Culture, Rachida Dati souligne avoir « souhaité [le] réformer en profondeur, pour qu’il ne soit plus un outil de reproduction sociale », confirmant ainsi le constat qu’en fera la Cour des comptes. Si la nouvelle version de la part individuelle du pass Culture devrait corriger certains travers de la précédente, elle sera aussi bien moins généreuse pour les collégiens et lycéens, avec un budget en forte baisse. La ministre est aussi revenue sur la généralisation du « pass pour tous ». « Tous les citoyens auront accès à une offre culturelle localisée et éditorialisée », dit-elle à propos de cette initiative qui s’apparente à un agrégateur de l’offre culturelle localisée.
Le retour du “National Trust à la française”
Dans la longue liste d’annonces effectuées, retenons au programme des réjouissances de 2026, une « fête du théâtre » sur le modèle de l’opération Tous à l’opéra. « Tous les établissements, publics comme privés, ouvriront leurs portes le temps d’un week-end pour faire découvrir cet art si français auquel personne ne devrait renoncer. » Ces festivités suffiront-elles à contenter le secteur ? Sans date annoncée ni moyens pour la mise en œuvre, rien n’est moins sûr. D’autant plus que la dimension événementielle du format paraît bien dérisoire par rapport à l’ampleur de la crise de la diffusion que connaissent les compagnies, et au travail des acteurs du secteur au quotidien pour attirer de nouveaux publics.
Si la ministre ne s’est pas étendue sur le fiasco du Louvre, elle a rappelé que « la sécurisation, la gestion du musée du Louvre est une priorité à part et vraiment à part entière, après le cambriolage spectaculaire qui a sidéré la France et le monde. Cela a permis une prise de conscience collective qui a remis la sécurité des musées au cœur des priorités ». En ressortant des cartons le...
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