Les annulations de tournées et la réduction de certaines jauges annoncées par des artistes de renom comme Lily Allen, ces derniers temps, alimentent la théorie d’une tyrannie des “points bleus”, qui symbolisent les places vides sur le mastodonte de la billetterie Ticketmaster.
Une épidémie touche l’industrie des concerts : la “blue dot fever”, littéralement la “fièvre des points bleus”. Et elle donne des frissons aux artistes. L’expression, relayée par The Telegraph, désigne l’abondance de points bleus, signes de places libres, sur les plans de salles de concerts affichés par le site de billetterie Ticketmaster. De quoi envoyer un message clair aux fans : les ventes sont mauvaises, le concert n’en vaut peut-être pas la peine. Résultat : certains artistes choisissent de revoir à la baisse la jauge. Voire carrément d’annuler un concert ou une tournée.
Et la “blue dot fever” n’épargne pas les grands artistes. La Britannique Lily Allen s’est vue contrainte cette année de choisir des salles de concert plus petites pour s’adapter à une demande plus faible qu’anticipé sur la tournée de son nouvel album, West End Girl. L’incapacité à remplir les salles ne figure pas toujours dans les communiqués officiels. Mais nombre de fans ne sont pas dupes : “Les captures d’écran de plans constellés de points bleus fleurissent sur les réseaux sociaux” après les annonces d’annulation impromptues.
Moins d’opacité
“Bien sûr, il y a des artistes majeurs qui continuent à remplir des arènes et des stades”, rappelle The Telegraph, en citant par exemple les douze concerts de Harry Styles au stade de Wembley au début de l’été. À quel point peut-on alors rendre la “blue dot fever” coupable de l’échec de certains artistes ?
Pour David Brooks, ancien rédacteur en chef au magazine Billboard, les points bleus permettent d’affiner la demande sur le marché des concerts. “Pour que certaines salles soient combles, d’autres doivent forcément être plus clairsemées. Nous identifions simplement beaucoup mieux qu’avant ce qui se vend, et ce qui ne se vend pas”, avance-t-il auprès du Telegraph. Le journaliste salue d’ailleurs la transparence que donne cette fonctionnalité. “Quand les tickets étaient vendus au guichet, ou par appel téléphonique, il était dur de savoir à quel point un concert avait du succès”, explique The Telegraph.
Tarifs exorbitants
Cela dit, pour Brooks, des ventes décevantes ne coïncident pas toujours avec un manque de popularité. Pour lui, c’est surtout l’envolée des prix qui alimente les sièges vides. The Telegraph cite l’exemple du groupe Oasis, dont le prix des places de concert a augmenté de 170 % en 30 ans. Selon Stuart Dredge, coanimateur du podcast The Price of Music, seuls les artistes élevés au rang de superstars, comme les frères Gallagher, Beyoncé ou...
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