Le dramaturge et metteur en scène, qui dirige le Théâtre du Châtelet, est invité à l’Unesco, vendredi 25 septembre, où se rend le pape Léon XIV. Ce fervent catholique lui adresse une lettre ouverte.
Vendredi 25 septembre, Olivier Py est invité au siège de l’Unesco, à Paris, où se rend le pape Léon XIV, en visite officielle en France. Le dramaturge et metteur en scène, fervent catholique, adresse une lettre ouverte au souverain pontife :
«À l’ère de l’intelligence artificielle où la dignité humaine risque d’être éclipsée par de nouvelles formes de déshumanisation, nous avons le devoir urgent de rester profondément humains, en préservant avec amour cette magnifique humanité.»
Nous aurions aimé vous écrire ces mots d’introduction. Et pourtant, c’est vous qui nous offrez cette parole, dans votre encyclique Magnifica humanitas (§ 15). Ce «devoir urgent» que vous formulez nous touche particulièrement et nous semble être, dans ce changement d’époque, l’occasion favorable pour apprendre ensemble à cheminer, à dialoguer, après deux mille ans d’histoire mouvementée. Rester humain implique d’accepter ou de refuser de se représenter soi-même. Cette question n’est pas nouvelle : elle traverse l’histoire de l’art depuis que l’Église, la première, a osé la trancher.
L’art, en Occident, après l’âge classique, doit tout à une économie de l’image révolutionnaire inventée par les Pères de l’Église. Cette nouvelle manière de créer des images, hors de l’icône, a démultiplié les possibilités esthétiques. Le gothique international, puis la Renaissance ont modifié le regard, le rapport au monde. La foi et l’art ont avancé dans un même mouvement de dévoilement. Le fait humain, dans son humilité, s’est permis de figurer les vérités de l’Évangile. L’art est devenu sacré, le sacré est devenu humain.
L’art est devenu un reflet du temps à mesure que...
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