Le président du conseil départemental annonce que le spectacle d’Alexis Michalik sera à l’affiche en janvier. « La liberté de création artistique est protégée et consacrée », a commenté pour sa part la ministre de la Culture.
Le spectacle d’Alexis Michalik trouve un refuge. Le département du Tarn (Occitanie) révèle au Figaro que la pièce du metteur en scène franco-britannique, lauréat de cinq Molières, pourra être jouée dans une autre commune du Tarn, après sa déprogrammation à Castres. Mardi 9 juin, la municipalité RN a retiré la représentation du calendrier culturel du théâtre municipal, invoquant « une décision prise par l’ex-majorité ». Le maire Florian Azéma dénonçait notamment l’orientation politique de la pièce qui fait, selon lui, la « promotion des clandestins » en narrant le parcours d’Issa, un jeune migrant érythréen laissé pour mort dans la « jungle » de Calais.
Répondant mardi aux questions du Figaro, le président PS du conseil départemental du Tarn, Christophe Ramond, a annoncé la programmation d’une date unique devant 600 spectateurs au centre de loisirs Cap’Découvertes du Garric, près d’Albi, le 23 janvier 2027. Ni les tarifs ni la date d’ouverture de la billetterie n’ont encore été précisés. « Cette annulation est un acte politique certainement assumé, déclare Christophe Ramond. Il faut absolument que nous intervenions pour expliquer que la culture n’appartient pas aux élus. Elle ne doit pas être un outil de propagande au service du pouvoir. Il y a quelques décennies, on brûlait des livres, aujourd’hui, on retire des pièces de théâtre. On ne censure plus officiellement, mais on déprogramme. »
« Il faut protéger la liberté de création »
Selon l’élu du Tarn, qui n’a pas encore vu la pièce, la culture devrait « rester un espace de liberté, d’émancipation et de pluralisme ». Christophe Ramond confie avoir été surpris, autant qu’Alexis Michalik, par l’annonce de la déprogrammation. Le metteur en scène en avait été informé, le 9 juin, par ses propres spectateurs qui s’étaient étonnés de ne plus voir la pièce dans le calendrier culturel du théâtre municipal de Castres. « Mon spectacle remplit des salles partout en France, mais la municipalité s’est attardée sur le sujet de la pièce, qui parle de manière plutôt positive des réfugiés, de leur accueil en France, de Calais et de l’immigration en général », regrettait dans nos colonnes le metteur en scène.
"Une politique culturelle n’a pas à trier les œuvres selon la conformité à une idéologie"
Christophe Ramond, président du conseil départemental du Tarn
Christophe Ramond estime qu’une municipalité ne doit « pas dire aux citoyens ce qu’ils doivent penser ». « Une politique culturelle n’a pas à trier les œuvres selon la conformité à une idéologie, ajoute-t-il. Or, aujourd’hui, le maire de Castres propose l’effacement de cette pièce pour un motif politique. C’est une décision qu’il a prise de manière unilatérale, alors que la culture n’est ni de gauche ni de droite. Il faut protéger la liberté de création. » Les mêmes arguments avaient été formulés par une partie de la classe politique, notamment à gauche. Emmanuel Grégoire (PS), maire fraîchement élu de Paris, a apporté son soutien à Alexis Michalik. « La capitale t’accueille autant que tu veux », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Il a également regretté une déprogrammation « de dernière minute sur injonction politique du RN ».
Réaction de la ministre de la Culture
Cet après-midi, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a elle aussi « condamné » cette annulation lors de la séance des questions au...
Lire la suite sur lefigaro.fr




