Aux Biennales internationales du spectacle, à Nantes, les acteurs culturels ont engagé une réflexion sur la décentralisation culturelle.
La douzième édition des Biennales internationales du spectacle, qui avaient lieu à Nantes les 21 et 22 janvier, a pris des airs de tribune politique. Placé sous le signe de la « résistance », l’événement a alerté sur la situation d’un monde culturel essoufflé, et a engagé, à moins de deux mois des municipales et un an de l’élection présidentielle, une réflexion autour de la décentralisation culturelle.
Une quarantaine d’associations d’élus, de collectivités territoriales, de syndicats et d’organisations professionnelles se sont donc réunis autour de la rédaction d’un « Livre blanc de la décentralisation culturelle », coordonné par l’Observatoire des politiques culturelles (OPC). Loin de remettre en question le modèle décentralisé, les organisations plaident pour un renforcement de son fonctionnement aujourd’hui « fragilisé par la conjoncture politique et budgétaire », selon les signataires du document. Mise en place dans les années 1980, la décentralisation culturelle repose sur le transfert de compétences de l’Etat vers les collectivités territoriales, et sur des financements croisés entre les différentes entités administratives.
Sans faire référence au Livre blanc, Christopher Miles, directeur général de la création artistique au ministère de la culture, présent lors des Biennales, a dit avoir entendu les inquiétudes. Il a tenu à rappeler que Rachida Dati « s’est battue ces deux dernières années (…) pour préserver les crédits d’interventions du spectacle vivant toujours menacés d’une baisse ». Tout en reconnaissant que les difficultés budgétaires et les échéances électorales des trois prochaines années modifieront « sans doute (…) la place institutionnelle qui sera donnée à la culture ».
« Variable d’ajustement »
« Cinquante pour cent des collectivités répondantes baissent leurs budgets culturels totaux et leurs budgets culturels de fonctionnement, dont 65 % des régions et 70 % des départements, dans des proportions souvent importantes », s’alarment les auteurs du Livre blanc, en guise de propos introductif, citant les chiffres issus du baromètre 2025 de l’OPC. A l’exception des communes et intercommunalités qui conservent des budgets culturels assez stables, les baisses de budget généralisées s’expliquent en partie par la pression financière qui pèse sur les collectivités territoriales. Dans son courrier adressé aux parlementaires, à la suite de la présentation de la copie finale du budget 2026, Sébastien Lecornu rappelait que les collectivités devraient « participer à l’effort collectif », et ce, à hauteur de 2 milliards d’euros. « Il y a des dépenses obligatoires pour les départements et les régions, donc dans ce contexte-là, la culture devient une variable d’ajustement », assure Vincent Guillon, codirecteur de l’OPC.
En 2026, les crédits prévus pour le ministère de la culture s’élèvent à 3,7 milliards d’euros, soit une baisse de 200 millions d’euros par rapport à 2025. Les baisses de financement pour la culture ne peuvent toutefois se lire uniquement au prisme du contexte d’austérité budgétaire. Le désengagement des collectivités territoriales relève aussi de choix politiques. « Depuis les années 1980, la culture était une composante incontournable de la politique, mais (…) il y a aujourd’hui moins de consensus sur l’utilité de la politique culturelle », affirme Vincent Guillon. Le soutien à une culture publique et...
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