Bien que les communes soient les principaux financeurs territoriaux de la culture, le sujet peine à émerger dans les campagnes municipales, alors que les coupes budgétaires se multiplient à tous les niveaux.
Àl’approche des élections municipales, l’engouement pour les thématiques culturelles reste modéré dans les campagnes. « Il n’y a pas beaucoup de communes qui la mettent en avant comme étant le liant absolu d’un programme municipal », observe Jean-Michel Poullé, trésorier de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) et adjoint à la culture (PCF) à Malakoff (Hauts-de-Seine). Cette politique publique représente pourtant une part loin d’être négligeable des dépenses au niveau local : selon l’Observatoire des politiques culturelles (OPC), les municipalités consacrent ainsi 7,3% de leur budget total à la culture, ce qui représente 123 euros par an par habitant, alors que la compétence culturelle des communes n’est pas obligatoire. « Dans les grosses villes, le budget culturel peut représenter 15 ou 20%, c’est souvent le deuxième ou troisième budget des municipalités, amende Vincent Guillon, codirecteur de l’OPC. Et pourtant, la culture fait peu l’objet de positionnements politiques dans les périodes électorales, car elle est vue comme une politique de gestion. De ce fait, la culture ne permet pas aux candidats de se distinguer les uns des autres et passe au second plan sur la période de campagne. »
Longtemps considérée comme un domaine privilégié de la gauche, la culture a perdu de son contraste politique au niveau local. « De façon majoritaire, c’est difficile de distinguer une politique locale culturelle de gauche, de droite, voire d’extrême droite, poursuit Vincent Guillon. Il y a des différences sur la création, sur les droits culturels ou le patrimoine, mais qui ne se vérifient pas dans toutes les communes d’une même couleur politique. »
Culture commune
« Avant même que les politiques culturelles modernes se développent, les villes assuraient déjà le financement d’une vie culturelle, amorce Vincent Guillon. Aujourd’hui encore, les villes sont le centre de gravité principal des politiques culturelles. » D’après la Banque des territoires, le bloc local (communes et intercommunalités) représentait 80% des dépenses culturelles des collectivités territoriales en 2022. De fait, ce bloc demeure le principal financeur des établissements culturels du quotidien, de la bibliothèque de quartier aux conservatoires classés, des musées locaux aux salles de spectacle. « Les communes sont en première ligne : quand elles financent la culture, c’est forcément en lien avec les politiques publiques locales », analyse Jean-Michel Poullé. D’après une étude de l’Association des maires de France (AMF) de novembre 2025, les principaux moteurs des politiques culturelles des communes sont avant tout les enjeux de cohésion sociale, l’identité locale, le renforcement de l’attractivité, l’accessibilité de l’offre aux habitants et l’action en faveur de la jeunesse.
Ce dernier point passe notamment par l’enseignement artistique, pour lequel les communes sont tout aussi centrales : elles sont les principaux financeurs du millier d’établissements, tous statuts confondus, dont quelque 400 conservatoires classés. « L’apprentissage de la musique, de la danse, du théâtre est presque entièrement à la charge des communes, explique Florence Portelli, membre de la commission permanente culture et patrimoine de l’AMF et maire (LR) de Taverny (Val-d’Oise). Aujourd’hui, l’État ne donne plus un centime pour le fonctionnement des conservatoires à rayonnement communal et départemental », hormis certains projets d’investissement. Si les conservatoires ont fleuri sur tout le territoire dans...
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