Au mois de février dernier, une pétition a été lancée par les parents d’élèves, qui estiment que les conditions d’enseignement sont dégradées par des locaux trop petits et plus aux normes.
En 2023, La Lettre du Musicien lançait un appel pour un portfolio participatif : nos lecteurs et lectrices étaient invités à partager les photos de leurs établissements d’enseignement artistique, lorsque ceux-ci étaient vétustes ou détériorés. La sélection mettait en lumière les problèmes matériels que beaucoup d’entre eux connaissent encore.
Le conservatoire du 18e arrondissement de Paris, qui n’avait pas répondu à l’appel à l’époque, est pourtant concerné. Tant et si bien qu’une pétition a été lancée par des parents d’élèves au mois de février dernier : « Les locaux sont vétustes et beaucoup trop petits, alerte Émilie Picherot, qui est à l’origine de la pétition et dont les deux filles sont inscrites dans l’établissement. Alors que le 18e est l’un des arrondissements les plus peuplés de Paris, seules 65 places sont ouvertes tous les ans. L’équipe enseignante mène beaucoup d’actions d’inclusion sociale et de rayonnement de la musique dans le quartier, mais elle est freinée par les conditions dans lesquelles elle travaille. »
Des cours dans le bureau de la directrice
Camille*, enseignante du conservatoire, confirme : « Certaines salles sont si petites que les professeurs ont presque du mal à trouver l’amplitude suffisante pour leurs coups d’archet. Dans le hall, il n’y a pas d’endroit pour que les parents qui viennent chercher leur enfant attendent. Nous n’avons même pas la place d’avoir une machine à café… », énumère-t-elle. De nombreux cours ont été délocalisés : dans l’église Saint-Bernard-de-la-Chapelle, dans l’auditorium de l’hôpital gériatrique Bretonneau et même… dans le bureau de la directrice quand celle-ci est absente.
Outre l’inconfort, beaucoup s’inquiètent des conséquences pour les élèves : « Il est quasiment impossible d’organiser des cours collectifs alors que la Ville de Paris nous le demande de plus en plus, poursuit Camille. Tous nos emplois du temps sont resserrés afin d’optimiser la répartition des salles, ce qui donne, pour les élèves, des horaires invraisemblables : des enfants très jeunes se retrouvent à avoir cours après 19 heures ».
En tant que parent, Émilie Picherot abonde : « L’établissement n’ayant pas d’auditorium adapté, les classes à horaires aménagés ne peuvent donner qu’un concert par an. » Seules les toilettes ont été récemment remises aux normes : « Elles sont maintenant plus grandes que certaines salles de cours », relève avec ironie Camille.
Dix ans d'incompréhension
Pourquoi un établissement dynamique, lié notamment au projet Démos, se trouve-t-il dans cette situation ? Le problème est bien identifié depuis longtemps par la mairie, et une réponse avait même été apportée il y a quelques années, à travers un projet appelé « le jardin des mécanos ». Il s’agit d’un ancien terrain de...
Lire la suite sur lalettredumusicien.fr




