Céline Dion signe son grand retour avec dix concerts à Paris La Défense Arena en septembre et octobre. Ce modèle de résidence, inspiré de Las Vegas, séduit par son efficacité économique et logistique.
Lorsque Live Nation France a annoncé en janvier être en négociation avec Jacky Lorenzetti, propriétaire de Paris La Défense Arena, pour l'achat de sa salle, cela a suscité l'émoi parmi les producteurs de concerts. Et pour cause.
« PLDA », comme on la surnomme, est devenue le temple des grands shows internationaux, en raison de sa taille unique en Europe : 40.000 places, soit un demi-Stade de France, sans les aléas météorologiques. Live Nation n'a d'ailleurs pas caché que l'Arena allait devenir un lieu de résidence pour les stars anglo-saxonnes. Cela n'a pas traîné…
Avant même que le rachat ne soit avalisé par l'Autorité de la concurrence, c'est son concurrent, l'autre géant américain AEG, qui « installe » sa star Céline Dion pour une série de dix concerts en septembre et octobre à Paris La Défense Arena. Pour fêter ses 58 ans, la chanteuse québécoise a annoncé lundi soir ce coup d'éclat dans une vidéo et via des messages projetés sur la tour Eiffel, officialisant son retour après six ans loin du public.
Ce modèle sédentaire, plutôt qu'une tournée en France, est fréquent aux Etats-Unis, et notamment à Las Vegas, où la chanteuse québécoise avait planté son décor durant seize années. Il est moins fatigant pour la star qui n'a pas à se déplacer, moins coûteux pour le producteur et permet de calibrer un show pour une scène précise sans avoir ensuite à l'adapter ailleurs.
« Malin économiquement »
L'an dernier, le groupe britannique Radiohead a ainsi organisé une tournée sous la forme de résidences de quatre concerts dans cinq villes européennes. Et annoncé que ce serait désormais sa façon de se produire - un continent et vingt concerts par an.
Le public est suffisamment mobile et fan pour faire l'effort, lui, de se déplacer, parfois de toute l'Europe, voire des Etats-Unis comme on l'avait vu pour Taylor Swift en mai 2024 à la même Paris La Défense Arena. Les spectateurs prennent ainsi à leur charge le coût de cette mobilité. D'ailleurs, Salomon Hazot, conseiller d'AEG à Paris, ne s'en cache pas. « C'est un coup énorme dans un lieu unique, et malin économiquement. » En France, Live Nation avait déjà inauguré ce système pour le rappeur Usher à la Seine Musicale entre le 24 septembre et le 5 octobre 2023.
En août 2024, Live Nation Germany et Austrian Leutgeb Entertainment Group avaient érigé un stade éphémère de 80.000 places à Munich pour les dix jours de concert d'Adèle. Une réalisation technique d'ampleur, une scène gigantesque, des animations et feux d'artifice, de multiples points de vente de boissons et autres goodies, le plus grand écran géant jamais construit (220 mètres de long et 30 mètres de haut)… Et l'occasion, aussi, de maximiser les recettes de cet « Adele World » à l'heure où le public se passionne pour les mégashows, en dépit de prix parfois délirants - plusieurs centaines d'euros.
Et si les fans français ont encore quelques réticences, les afficionados allemands, anglais, espagnols, belges, hongrois et même américains sont, eux, habitués à ces tarifs astronomiques. Aux Etats-Unis, tout est source de profits supplémentaires : le bout de rang facturé plus cher pour pouvoir aller plus facilement boire sa bière, la place de parking près de la sortie pour repartir plus vite… Une industrialisation du secteur qui inquiète les producteurs indépendants en France.
Message depuis la tour Eiffel
Pour Céline Dion, les concerts devraient être rapidement « sold out » tant l'attente est grande. Le teasing a commencé dès lundi soir. « Cette année, je vais recevoir le meilleur cadeau de toute ma vie. Je vais avoir la chance d'aller vous voir et de pouvoir encore chanter pour vous », a déclaré la diva québécoise d'une voix radieuse, dans un message diffusé sur les réseaux sociaux et sur France 2.
Au même moment, au pied de la tour Eiffel, des centaines de fans ont assisté à un show lumineux, rythmé par des tubes de Céline Dion, dont sa reprise de « L'Hymne à l'amour » d'Edith Piaf. Des messages tels que...
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