Lancée en avril 2024, la société de production et de diffusion de spectacle vivant On Verra Demain clôture sa deuxième participation au festival Off d'Avignon.
De courts-métrages à la production de spectacles, Camilla Risi-Mis a toujours été passionnée par la création. L'entrepreneuse de 28 ans s'est d'abord formée à la production d'images et à la réalisation avec l'obtention d'un BTS audiovisuel en 2018, avant de se lancer en 2024 dans la création de sa boîte de production. Elle voulait accompagner les artistes.
La société On verra demain Productions (OVD), dont l'entrepreneuse détient 100 % du capital, propose trois services : la production de spectacles, leur diffusion et leur captation. Camilla Risi-Mis a tout financé elle-même. « Certaines compagnies ont voulu rejoindre le capital et j'ai dit non, j'ai envie d'aller au bout de ce projet et de le garder à moi », confie-t-elle.
Pour diversifier ses sources de revenus, elle propose d'accompagner administrativement des compagnies pour de la gestion interne ou de la relecture de contrat. « Avec les prestations audiovisuelles, ça représente entre 30 et 40 % de notre chiffre d'affaires », détaille la cheffe d'entreprise.
Deux ans après sa création, son catalogue est composé en 2026 de 21 spectacles, dont trois produits entièrement par la société. Elle a refusé certaines propositions de spectacles pour conserver un accompagnement qualitatif aux artistes et pour assurer une offre cohérente. « On veut éviter tant que possible d'avoir des spectacles qui se concurrencent entre eux. Un programmateur peut recevoir jusqu'à 50 mails par jour de propositions, donc si on crée nous-mêmes de la concurrence dans nos propres propositions, c'est contre-productif », décrit-elle.
Investir pour rencontrer ses diffuseurs
Avec un seul salarié à temps plein, Robin Risi, son époux (chef d'équipement pour la partie audiovisuelle), la société a déjà atteint en 2025 la rentabilité avec un chiffre d'affaires qui approche les 100.000 euros. « Nous espérons presque doubler le chiffre d'affaires pour 2026. En juin, nous avons déjà fait le chiffre de 2025 », se réjouit Camilla Risi-Mis.
Et depuis deux ans, OVD investit dans un rendez-vous : le festival OFF d'Avignon. Chaque été en juillet, il réunit tout l'écosystème de spectacle vivant avec plus de 1.405 compagnies présentes en 2025. Malgré la renommée de l'événement, l'entreprise participe au festival d'Avignon « souvent à perte », déclare l'entrepreneuse avant d'ajouter : « On le fait pour rencontrer les programmateurs, c'est un investissement pour la suite ». Un programmateur qui choisit un spectacle « engage sa responsabilité, il faut le persuader de défendre notre projet artistique dans son théâtre, dans sa municipalité ».
Le business model pour la partie spectacle vivant repose sur une commission, qui représente 10 à 20 % sur la vente du spectacle (cession) ou sur la part des recettes qui revient à la compagnie.
Cette année, Camilla Risi-Mis et son équipe ont continué d'investir dans le festival et « malgré une programmation réduite de moitié par rapport à l'année dernière (5 spectacles contre 10 en 2025), la fréquentation professionnelle par spectacle a progressé de 30 %, plus de la moitié d'entre eux ont déjà répondu à nos relances avec des pistes sérieuses de programmation », complète l'entrepreneuse.
Une newsletter en B to B
Pour conserver son lien avec les diffuseurs en dehors de temps forts comme le festival off d'Avignon, la gestionnaire a développé, en plus du démarchage téléphonique, une newsletter BtoB. Cette dernière est envoyée en moyenne tous les dix jours pour annoncer un nouveau spectacle à sa base de données composée de 3.500 contacts de diffuseurs potentiels : « Le taux d'ouverture est de 20 à 30 %, les conversions sont très aléatoires mais je dirais que par envoi on a entre 3 et 6 réponses de demande de devis ou de complément d'informations. » Une fois la newsletter envoyée, place à l'analyse de la data. Si par exemple un programmateur clique plusieurs fois sur la newsletter, l'équipe va le...
Lire la suite sur entrepreneurs.lesechos.fr




