Les professionnels du cirque contemporain s’apprêtent à lancer ce 19 octobre un “cri du cirque” lors du festival Circa à Auch. Ils alertent sur les difficultés financières des formations. Avec, à terme, le risque que la pratique de cet art s’appauvrisse.
L'été dernier, le cirque contemporain faisait son entrée dans l’histoire de la cour d’honneur du palais des Papes, avec les vingt-deux acrobates et chanteurs du Pas du monde pour ambassadeurs. Frissons garantis devant cette proposition riche d’impressionnants portés et de chutes contrôlées. Pourtant, trois mois plus tard, l’inquiétude des circassiens a relégué au second plan le ravissement du public. La profession s’apprête à lancer « Le cri du cirque » ce 19 octobre, à l’occasion du festival Circa, à Auch du 16 au 23 octobre, une mobilisation accompagnée d’un manifeste pour alerter sur les menaces qui planent au-dessus d’un secteur né en France il y a une quarantaine d’années.
Des compagnies comme Archaos, Cirque Aligre (avec Bartabas, avant qu’il ne fonde Zingaro) ou le cirque Plume sortaient alors le cirque du modèle traditionnel et familial. Ce « nouveau cirque » réinventait le genre en préférant la dramaturgie à un simple enchaînement de numéros, inspirant des artistes des générations suivantes tout aussi novateurs, de Mathurin Bolze à la Compagnie Baro d’evel, ou aujourd’hui, le Cheptel Aleïkoum, Raphaëlle Boitel, ou encore l’actrice et circassienne Vimala Pons et son complice Tsirihaka Harrivel.
Restrictions des subventions
Au cœur des inquiétudes : la réduction des moyens alloués à la production et aux tournées des spectacles, mais aussi la baisse des aides publiques consacrées à la formation. Les cursus préparatoires aux écoles supérieures de cirque se trouvent en première ligne des difficultés. À l’École nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois (Enacr), formation la plus soutenue par l’État parmi les neuf écoles préparatoires agréées, la baisse de l’aide de l’État en deux ans atteint 25 %. « La subvention du ministère de la Culture était de 852 000 euros jusqu’en 2024. aujourd’hui, elle est de 634 000 euros », précise son directeur, Bertrand Bossard. Après une baisse de...
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