Moins d’une semaine après l’annonce de l’annulation des représentations prévues au théâtre municipal des Hauts-de-Seine pour 2026-2027, le maire, Bernard Gauducheau, a rétropédalé, lundi 8 juin, se défendant de toute «censure» ou «restrictions budgétaires».
Une mobilisation qui paie, une mairie qui rétropédale, et un théâtre, des artistes et des spectateurs qui respirent. Le 3 juin, le maire de Vanves (Hauts-de-Seine), Bernard Gauducheau, avait annoncé dans un mail une saison théâtrale 2026-2027 «blanche» à l’exception des spectacles jeunesse et du cinéma, l’objectif étant de tenir une consultation citoyenne afin de réorienter le théâtre municipal de Vanves, haut lieu pluridisciplinaire qui cultive l’audace et l’émergence mais pas seulement, vers dixit un communiqué de la mairie, «des talents locaux». Moins d’une semaine plus tard, lundi 8 juin, autre annonce en fanfare par le biais d’un autre communiqué : «La saison culturelle 2026-2027 se déroulera dans son intégralité, avec une enveloppe budgétaire de 1,5 million d’euros […] dans le respect des engagements pris auprès des artistes et des partenaires.»
Précisant qu’il «n’y a jamais eu de censure» ni «de restrictions budgétaires», le maire UDI se montre néanmoins peu disert sur ce qui l’avait conduit dans un premier temps à annuler la programmation du théâtre municipal et sur ce qui l’a amené à revoir intégralement sa position. Est-ce le soutien sans faille d’une cohorte d’artistes dont certains dirigeants des théâtres nationaux (Julien Gosselin, Julie Deliquet) qui ont tous débuté à Vanves ? La déferlante quotidienne d’articles de presse ? La prise de conscience que le théâtre, en saccageant ce qui fait son succès et ses missions, allait perdre également ses autres subventions, celle du ministère de la Culture (130 000 euros), de financements de la région (65 000 euros) et du département (62 000 euros) ? A moins que ce soit tout bonnement la mobilisation des publics vanvais et autres bien décidée à ne pas se laisser imposer une année en sommeil, et tout à fait lucide sur l’importance de cet abri multidisciplinaire et son festival de danse Artdanthé ?
Des «travaux d’électricité» pendant «les vacances scolaires»
Il faut dire que la mobilisation a été rapide et tous azimuts, venant aussi bien des artistes que des spectateurs. Ce que le maire, joint par Libération, traduit à sa manière : «Une histoire locale est devenue nationale. Ils ont appelé tous leurs copains. Vive la république des copains !» Selon lui, la presse a été «enduite avec des erreurs (sic)» comme avec du beurre, car le projet était simplement «d’alléger» la programmation. Mais Bernard Gauducheau confirme cependant que cet allègement aurait consisté à supprimer tous les spectacles qui ne sont pas fléchés jeunesse et le cinéma, afin «de réadapter l’offre s’il s’avère qu’elle n’est pas en phase avec la population».
Curieusement, ce qui a suscité sa volte-face, c’est, nous dit-il «que je n’avais pas compris que des engagements avaient été pris avec des artistes». Autrement dit, bien qu’il soutienne la programmation du théâtre de Vanves et Ardanthé depuis sa...
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