La musicienne et compositrice a orchestré les festivités organisées les vendredi 12 et samedi 13 juin au Théâtre Silvia-Monfort à Paris pour les 40 ans de la formation musicale qu’elle dirige.
En quatre décennies d’activité, l’Orchestre national de jazz (ONJ) n’avait jamais été dirigé par une femme. Et encore moins par une flûtiste. C’est chose faite depuis le 1er janvier 2025 et la nomination à sa tête de Sylvaine Hélary, qui s’est ainsi retrouvée, à l’approche de sa 50e année, à présider les festivités pour les 40 ans de cette formation créée par décision du ministère de la culture. Ce sera les 12 et 13 juin au Théâtre Silvia-Monfort, dans le 15e arrondissement parisien.
Un bal d’ouverture sera donné par la nouvelle patronne et quatre solistes au parc Georges-Brassens, dans lequel est situé le théâtre. Suivront l’Orchestre des jeunes de l’ONJ dirigé par le guitariste Marc Ducret, puis un « bœuf » ouvert aux amateurs. Le lendemain sont notamment prévus une conférence-concert autour du répertoire d’anciens directeurs de l’ONJ (François Jeanneau, Claude Barthélemy, Denis Badault, Laurent Cugny et Franck Tortiller) et, en clôture, With Carla, programme avec lequel Sylvaine Hélary a inauguré son mandat. Un hommage avec 17 musiciens à la pianiste, compositrice et cheffe d’orchestre américaine Carla Bley (1936-2023), qui sera repris le 21 juin dans les jardins du Palais-Royal pour la Fête de la musique et dans quelques festivals.
Ce choix, aussi, est symbolique : documentée par un album, la célébration de cette figure de l’avant-garde new-yorkaise est une autre première puisque les projets monographiques de l’ONJ avaient jusqu’ici été consacrés à des compositeurs – Monk Mingus Ellington (1993), les machos du hard-rock Led Zeppelin (2006), Robert Wyatt (2009) ou Astor Piazzolla (2012). Si l’on fait abstraction de Billie Holiday, dont deux titres parmi les douze qu’elle a signés furent interprétés dans Broadway in Satin, en 2010.
Reconstituer l’orchestre de Carla Bley
« Des femmes, dans le secteur du jazz et des musiques improvisées, il y a en a quand même et, heureusement, de plus en plus, se réjouit Sylvaine Hélary. Mais si l’on regarde le passé, on voit bien qu’elles ont été invisibilisées à l’exception des chanteuses. » Une exposition, « Exceptionn-elle ? La place des femmes dans le jazz », est d’ailleurs proposée aux lieux qui programment l’ONJ et sa déclinaison junior. Elle montre bien la nécessité de célébrer le legs de Carla Bley puisqu’il apparaît que 20 % seulement du répertoire actuellement joué dans ce secteur a été composé par des femmes.
La guerre des sexes n’aura pourtant pas lieu avec Sylvaine Hélary. Avec un sens du collectif indispensable à sa fonction, elle s’est effacée dans With Carla au profit du saxophoniste, clarinettiste et joueur de scie musicale Rémi Sciuto. Non seulement les arrangements lui ont été confiés, mais trois de ses...
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