A la mi-temps de la finale du championnat de football américain le 8 février, se produiront le performer portoricain et le groupe punk rock californien, ouvertement anti-Trump. «Un choix déplorable», a fulminé le Président.
Bien qu’il n’assistera pas à la finale du championnat de football américain, le 8 février, Donald Trump ne s’est pas gêné pour fustiger les deux artistes programmés pour l’animation du Super Bowl. «Je suis anti-eux, a-t-il déclaré dans une interview publiée le 24 janvier par le New York Post. Je pense que c’est un choix déplorable. Tout ce que ça fait, c’est semer la haine. Terrible.»
Ces «semeurs de haine» sont le chanteur portoricain Bad Bunny et le groupe de punk rock californien Green Day. Tous deux ont pris de positions critiques envers l’administration républicaine. Pourtant, Donald Trump était le premier président en poste à avoir assisté à l’événement l’année dernière, juste après son entrée en fonction. Choisi comme «main act», l’attraction musicale de la mi-temps du match, le rappeur Kendrick Lamar avait battu un record d’audience en cumulant 135,5 millions de téléspectateurs. Le Super Bowl opposera cette année les New England Patriots aux Seattle Seahawks, au Levi’s Stadium de Santa Clara, en Californie. C’est l’évènement sportif, sur une soirée, le plus regardé de la télévision américaine, avec des retombées économiques évaluées à 20 milliards de dollars.
Mais voilà, le Président ne remettra pas le couvert cette année en raison d’une «trop grande distance». A croire que l’Air Force One économise le carburant… Mais son absence semble plutôt motivée par les prestations de musiciens opposés à ses politiques.
«Fuck Donald Trump»
Dans son anti-trumpisme, le chanteur de Green Day, Billie Joe Armstrong, ne fait pas dans la dentelle. En avril dernier, lors du festival-mastodonte de Coachella, près de Los Angeles, il avait changé les paroles du tube American Idiot, de 2004, pour proclamer : «Je ne fais pas partie de l’agenda Maga.» Le 4 juillet, à Werchter en Belgique, il incitait les fans à crier «Fuck Donald Trump», façon de célébrer la fête nationale américaine.
Le chanteur a récidivé le 17 janvier devant le public d’Inglewood, en Californie. Pour présenter Holiday, il a lancé : «Cette chanson est antifasciste. Cette chanson est contre la guerre. Nous nous tenons aux côtés de nos frères et sœurs du Minnesota. Mesdames et messieurs, Stephen Miller a maintenant la parole.» Quelques jours plus tôt, à Minneapolis, l’ICE, la police anti-immigration, avait tué par balle la manifestante Renee Nicole Good. Et Stephen Miller est le maître d’œuvre de la politique migratoire de Donald Trump.
La tournée mondiale zappe les Etats-Unis
De son côté, Bad Bunny, artiste le plus streamé en 2025 dans le monde, préfère jouer la carte de la provocation indirecte, à travers ses musiques ou certaines prises de parole. Il n’a pas tergiversé pour bannir les Etats-Unis de la tournée mondiale qui a suivi son album de 2025 DeBÍ TiRAR MáS FOToS, renonçant ainsi à d’énormes bénéfices. Sa justification ? La crainte que les spectateurs issus de l’immigration ne deviennent la proie de rafles orchestrées par l’ICE, aux abords des concerts. La menace n’est pas imaginaire : en octobre, la secrétaire du département de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a prévenu que l’ICE serait «partout» autour du stade de Santa Clara, le soir du Super Bowl, afin de «faire respecter la loi».
Bad Bunny, de son vrai nom Benito Martinez Ocasio, 31 ans, a inséré dans son single Nuevayol un discours fictif du président américain : «J’ai commis une erreur. Je tiens à présenter mes excuses aux immigrants vivant aux Etats-Unis. Ce pays ne serait rien sans les immigrants. Ce pays ne serait rien sans les Mexicains, les Dominicains, les Portoricains, les Colombiens, les Vénézuéliens et les Cubains.» A la fin du vidéoclip, la voix de Donald Trump, à la fois caricaturale et grésillante, se distingue clairement quand elle prononce : «Ensemble, nous sommes plus forts.» Le «roi du trap latino» sera à Marseille le 1er juillet et à Paris-La Défense les 4 et 5 juillet, mais ne rêvez pas : c’est archicomplet.
Bad Bunny et Green Day ont été choisis par Roc Nation, le label de Jay-Z et Beyoncé, chargé depuis 2019 de la partie musicale, en accord avec la NFL, la ligue des clubs professionnels. Ils vont ainsi succéder à Rihanna, Paul McCartney, Madonna, U2, Bruce Springsteen, Prince ou encore Michael Jackson, qui avait sidéré la...
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