Sécurité, insonorisation, ouvertures de salles… Jeudi soir, quatre prétendants ont présenté leurs plans pour le secteur des lieux nocturnes, culturels et musicaux, en pleine mutation. L’occasion pour les professionnels de faire part de leurs inquiétudes.
Paris sera-t-elle toujours une fête ces six prochaines années ? Quatre candidats (ou presque) à la mairie de Paris étaient venus exposer leur vision et leurs propositions lors d’une réunion à la Rotonde Stalingrad jeudi 19 février, à l’invitation du Réseau des Musiques Actuelles à Paris et de Culture Nuit, le syndicat des lieux nocturnes, culturels et musicaux, devant un parterre de professionnel(le)s du secteur plutôt satisfaits de l’action d’Anne Hidalgo depuis douze ans. « Objectivement, on a eu une municipalité qui était aux côtés des établissements de nuit, qui a fait le tampon avec la préfecture de police sur beaucoup de sujets, qui a favorisé l’éclosion de nouveaux lieux », dit Aurélien Antonini, le président de Culture Nuit et cofondateur de l’agence événementielle Bonjour/Bonsoir, qui gère plusieurs clubs parisiens.
Moins de bruit, plus de sécurité
Évidemment, tout ça fait du bruit, et c’est l’angle d’attaque du premier à être monté sur l’estrade. Pierre-Yves Bournazel propose de financer l’insonorisation de 1 000 établissements parisiens. Le candidat Horizons-Renaissance veut aussi assigner un policier par rame dans le métro (qu’il veut faire tourner toute la nuit), alors que le milieu festif est marqué par les récentes attaques à la piqûre et que le sentiment d’insécurité est toujours très fort chez les femmes quand elles sortent.
Même solution pour Sylvain Maillard, venu porter la parole de la candidate LR/MoDem/UDI Rachida Dati (retenue au dîner du Crif), qui compte sur 5 000 policiers municipaux « formés et équipés » et sur la vidéosurveillance pour « réguler la rue à Paris ». Interrogé sur les dispositifs de lutte contre les discriminations, il rappelle que la loi interdit le racisme ou l’homophobie. Et pour la prévention des risques liés à la consommation de drogue ? Il y a aussi une loi, qui interdit… l’usage de la drogue.
Tous deux s’engagent toutefois à maintenir les financements des dispositifs de médiation, de réduction des risques et de prévention des VHSS portés par des associations comme Consentis ou les Pierrots de la Nuit. Autre sujet important pour les professionnels de la nuit, le poids des règles de sécurité, pouvant entraîner une fermeture administrative redoutée, car parfois fatale économiquement. Une véritable épée de Damoclès pour Aurélien Antonini, qui s’alarme aussi de la fragilisation du modèle des boîtes de nuit face à une jeunesse post-Covid qui sort moins et consomme moins d’alcool.
“Démarchandiser la fête”
Mais il n’y a pas que les jeunes qui font la fête, dit en substance Sophia Chikirou, la candidate LFI, qui veut « démarchandiser » la fête et insuffler une culture du bal populaire intergénérationnel, en ouvrant « des salles municipales à destination des résidents parisiens, à réserver sur un site Internet ou via les conseils de quartier ». Ainsi, elle verrait bien la Flèche d’Or, qui vient d’entrer en travaux, transformée en centre culturel autogéré comme en Allemagne et en Italie.
La députée de l’Est parisien estime aussi qu’on n’était pas « obligés » de privilégier les multinationales qui ont aujourd’hui la mainmise sur les grandes salles de spectacle (AEG à l’Accor Arena ou Live Nation, qui vient de racheter la Paris la Défense Arena) et fustige la politique d’attractivité de la Ville : « Qu’est-ce que ça peut nous faire que Paris soit la troisième ville pour faire la fête dans le monde ? »
Le Grand Paris comme horizon
Troisième, ça ne suffit pourtant pas à Emmanuel Grégoire, le candidat de l’Union de la gauche, qui ambitionne de « faire de Paris la plus belle ville du monde pour la fête ». L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo souhaite garder le Conseil de la nuit et un adjoint dédié, et...
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