Cent seize instrumentistes de l’Opéra de Paris lancent une formation symphonique inédite en France, baptisée Philopéra, sans directeur musical. Son concert inaugural, qui mettra en lumière Schubert et Mahler, se tiendra le 6 septembre au palais Garnier.
À Paris, ce ne sont pas les orchestres symphoniques qui manquent. À côté des deux orchestres de Radio France, ou de l’Orchestre de Paris, l’annonce de la naissance d’une nouvelle formation pourrait relever de l’anecdote. Et pourtant, Philopéra ne ressemble à aucun autre. Créée par les musiciens de l’Opéra national de Paris (avec l’accord de l’institution), cette association, lancée en décembre 2024, est une première en France : un orchestre autogéré et indépendant, sans directeur artistique ni musical à sa tête. Ici, ce sont les musiciens qui choisiront les chefs invités et les programmes lors d’assemblées générales. « Les décisions seront prises collégialement par les adhérents, explique Étienne Tavitian, altiste de l’orchestre de l’Opéra et président de Philopéra. C’est une association par les adhérents et pour les adhérents. »
Dès sa création, 116 musiciens sur les 174 que compte l’orchestre de l’Opéra ont rejoint l’association, un chiffre qui traduit bien l’enthousiasme suscité par l’initiative. « Il y avait beaucoup à faire du côté de l’organisation, la rédaction des statuts, le choix des répertoires, et surtout convaincre le plus de musiciens possible à adhérer au projet, ce que l’on a réussi à faire », se félicite Étienne Tavitian.
Répertoire français oublié
L’idée n’est pas neuve en Europe. Paris rejoint la tradition d’émancipation symphonique des Wiener Philharmoniker en Autriche, de la Filarmonica della Scala milanaise et du Bayerisches Staatsorchester de Munich. Et l’ambition est bien la même : permettre aux instrumentistes habitués à la fosse de développer leurs propres projets de concerts.
Côté artistique, des concerts symphoniques sont prévus en France et en Europe, avec le Victoria Hall de Genève, le Concertgebouw d’Amsterdam ou encore le Konzerthaus de Vienne dans le viseur. Ensuite, de la musique de chambre dans des festivals, lieux patrimoniaux et espaces insolites. S’y ajoutent un engagement en faveur du répertoire français rare ou oublié, et un volet de transmission pour les publics éloignés de la musique classique. Autant d’activités qui resteront distinctes de la programmation de l’Opéra de Paris.
"L’idée était de choisir des œuvres qui plaisent à la totalité des musiciens."
Étienne Tavitian, président de Philopéra
Pour son premier rendez-vous public, Philopéra se produira le 6 septembre prochain au palais Garnier sous la direction de Daniel Harding, avec deux œuvres de jeunesse au programme : la Troisième Symphonie, de Franz Schubert et la Première Symphonie « Titan », de...
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