Après un début d'été marqué par une intense période caniculaire la semaine du 22 au 28 juin, plusieurs festivals en France ont été annulés.
Après les subites annulations de Solidays ou Garorock le week-end du 27 et 28 juin, un vent d'incertitude plane autour des organisateurs des festivals de musique en plein air pour l'été 2026. Il aura suffi d'un cocktail explosif d'une température qui avoisine les 42 degrés, d'une foule regroupée et d'une saturation des hôpitaux pour motiver les préfectures à interdire, presque à la dernière minute, de nombreux festivals en France.
Entre désastre économique pour les organisateurs et spéculations des assurances, les aléas climatiques deviennent un enjeu majeur à prendre en considération dans l'organisation de ces événements. Les acteurs culturels qui naviguent dans un flou politique national tirent la sonnette d'alarme.
Bien que soulagé d'être passé après l'épisode caniculaire de fin juin, Jean-Paul Roland, directeur des Eurockéennes, festival à Belfort début juillet accueillant jusqu'à 30 000 personnes, se dit "inquiet pour l'avenir" : "Nous avons besoin d'une politique nationale pour nous encadrer et que l'on puisse s'adapter aux aléas climatiques, réclame le directeur. La plus grosse crainte serait des alertes qui déclenchent des annulations automatiques."
À Ekhoscènes, principal syndicat du spectacle vivant privé en France, après ce week-end caniculaire d'annulations jugées abusives, la colère ne retombe pas. L'inquiétude est le sentiment qui prédomine chez Malika Seguineau, la directrice générale. "Nous avons alerté le ministère de la Culture, car la situation ne peut plus durer. Il nous faut plus de lisibilité et de visibilité, lance-t-elle. Nous demandons une feuille de route claire pour accompagner les festivals dans la transformation de leur modèle."
Inégalités territoriales
L'un des aspects le plus préoccupants de ces canicules à répétition repose sur l'inflation des assurances. Une augmentation qu'observe tristement Jean-Paul Roland : "Il est plus important de pouvoir continuer à s'assurer que d'avoir le prix juste, estime ce dernier en comparaison à d'autres festivals. Dans le Sud-Ouest, les fortes chaleurs sont si récurrentes que certains ne peuvent même plus s'assurer face à la hausse des franchises."
Une inégalité territoriale frappante que déplore l'organisateur d'un festival de la mi-août en Charente-Maritime qui a souhaité rester anonyme : "Les polices d'assurance augmentent et sont plus conséquentes dans la région." Des montants qui s'élèvent parfois entre 10 et 20 000 euros. "On voit beaucoup de petits festivals qui ne s'assurent plus, c'est un vrai problème, poursuit-il. Nous avons choisi de n'assurer que nos prestataires."
En cas d'annulation, les festivals se retrouvent généralement face à leurs dépenses. Dans le cas de Garorock, à Marmande, trois des quatre jours du festival ont été annulés pour des raisons climatiques. La localisation de l'événement dans le Lot-et-Garonne, dans le sud-ouest de la France, n'a pas exonéré le festival de l'inflation des franchises d'assurances. Selon les informations de France 3 Hauts-de-France(Nouvelle fenêtre), seul un jour aurait été assuré.
Un manque à gagner
Au-delà des fortes chaleurs et de leurs conséquences économiques, les festivals sont confrontés à d'autres problématiques financières pour survivre face aux augmentations des polices d'assurance. Si les élections municipales 2026 ont cristallisé l'organisation des festivals en attente de subventions locales, c'est bien la baisse du pouvoir d'achat qui...
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