La culture peut consolider le lien social, favoriser l’autonomie et l’insertion. Des Pays de la Loire à l'Occitanie, en passant par la Loire, des collectivités mènent des politiques mêlant culture et social, pour les personnes pauvres, les enfants confiés, les jeunes défavorisés ou encore les aînés isolés. Ces politiques sont le fruit d’une réflexion structurante en amont, et s’accompagnent d’actions de formation et de partage de connaissances entre professionnels.
À Nantes (327 740 hab., Loire-Atlantique), la chorale Au clair de la rue, qui réunit des bénévoles et des sans-abri, accompagne les enterrements des morts de la rue et donne des concerts. Voici un bel exemple de projet, financé par la ville, qui fait se croiser les politiques culturelles et sociales, une tendance qui se renforce sur les territoires ces dernières années, dans l’objectif que les publics les plus éloignés de la culture y accèdent, telles les personnes pauvres, âgées ou handicapées, isolées ou en institution. Les projets foisonnent, fruits d’une volonté des élus et d’une démarche structurée en amont.
L’élaboration d’un langage commun
« La question de l’accessibilité et de la mixité des publics a toujours été un facteur clé dans les financements accordés aux structures culturelles. Les directions de la culture et des solidarités se sont rapprochées pour élaborer une feuille de route commune “culture et inclusion” », témoigne Nicolas Cardou, directeur général « culture et arts » de Nantes.
En 2024, la direction de la culture lance un appel à projets d’expérimentations croisées, après avoir travaillé avec plusieurs directions – celles de l’égalité, du parcours de la vie des aînés, de la santé, le centre communal d’action sociale. « La clé, ce sont la transversalité dans la collectivité et la capacité des acteurs culturels à comprendre notre demande. Le dialogue entre les directions est souhaité et compliqué. Les collègues qui agissent dans l’action sociale font face à des enjeux parfois de survie, en tout cas, de besoins vitaux. Ils sont souvent dans l’urgence. Nous, acteurs culturels, devons savoir où nous situer au milieu d’une somme de priorités sociales pour que la vie des usagers se déroule dans des conditions décentes », estime le directeur.
Journée de rencontre
Afin de répondre à ces enjeux et de favoriser l’interconnaissance des acteurs, le conseil départemental de la Haute-Garonne a organisé une journée de rencontres. Lancée par un comité de pilotage des élus chargés de la culture et des solidarités, elle a réuni, en septembre 2024, une centaine d’agents des deux directions.
« L’objectif était d’élaborer un langage commun, de définir un projet social et culturel, de caractériser les bonnes pratiques », assure Frédéric Lafond, directeur « jeunesse, sport, citoyenneté et innovation culturelle ». Depuis, cinq rencontres territoriales entre les équipes de la culture et les maisons départementales des solidarités (MDS) ont eu lieu.
« Nous avons réalisé un vade-mecum opérationnel pour valoriser auprès de nos agents ce que nous faisons déjà – plus de 60 opérations en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes [Ehpad], en structures de l’aide sociale à l’enfance [AS], en MDS, avec les missions locales, les clubs de prévention », énumère Frédéric Lafond. La collectivité a expérimenté des projets d’immersion d’artistes dans les institutions, qu’elle a pérennisés. « L’idée est de créer une armature à décliner et...
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