Annulations de spectacles pour cause de désaccord politique, programmateurs de plus en plus frileux, pressions sur certains choix artistiques… Le ministère appelle à protéger la liberté de création par des mesures législatives, vite.
Tout juste publié, le rapport annuel du ministère de la Culture sur la liberté de création décrit un glissement insidieux. Les actes d’entrave se multiplient et prennent de nouvelles formes. Il y a certes les atteintes directes. Telle la dégradation de la devanture de la librairie parisienne Violette and Co, en juillet 2025, du fait de l’assortiment d’ouvrages au sujet du racisme, du colonialisme et de la Palestine. Ou la déprogrammation de la pièce Passeport, du metteur en scène Alexis Michalik, par la mairie (Rassemblement national) de Castres en juin 2026 car le spectacle retrace le parcours d’un Érythréen à Calais. Auxquelles s’ajoute la suspension en juillet du concert de la DJ Barbara Butch, contrainte de quitter la scène du Cabaret frappé, à Grenoble, sous les jets de bouteilles et huées de ceux qui lui présupposaient une approbation des massacres commis par Israël à Gaza.
Mais dans ce contexte, un des dangers serait de ne s’inquiéter que des entraves à la liberté de création apparentes ou revendiquées. Car le ministère dénonce une « progression silencieuse de l’autocensure ». Dix ans après la loi du 7 juillet 2016, qui élève la liberté de création au rang de « liberté publique », comme la liberté d’expression, l’administration tire la sonnette d’alarme. L’autocensure préventive et les pressions informelles prennent une place prépondérante parmi les « 91 mécanismes d’atteintes décomptés en 2025 ». Ainsi, 47 % des institutions culturelles interrogées déclarent avoir déjà modifié ou renoncé à un projet pour éviter des « risques ».
Les symptômes de cette dérive ? D’abord un recours à la « notion d’ordre public », invoquée par les édiles pour diluer et neutraliser les choix...
Lire la suite sur telerama.fr




