L’un représente une petite structure, l’autre une grande institution, mais ils ont en commun un moyen original d’aller vers leur public : le bus aménagé en mini-opéra.
Yannick Lemaire, cofondateur de l’Opérabus (Valenciennes)
« J’ai créé mon ensemble Harmonia Sacra en 2002 à Valenciennes alors que ma génération avait quitté la région à cause de l’absence d’emplois. J’ai développé ce projet avec l’envie de partager avec les habitants du territoire le répertoire baroque. La question de la mobilité s’est posée très vite. Même si nous avons un hypercentre à Valenciennes avec une scène nationale, les petites communes ont très peu de moyens. Nous nous sommes donc lancés dans le projet d’aménager un bus en mini-opéra pour combiner les deux : une vraie petite salle d’une trentaine de places, mais très mobile. Nous intervenons dans les centres sociaux, les écoles, les Ehpad dans la région des Hauts-de-France. Mais nous avons parfois développé des projets en région parisienne, dans le Loiret ou à Fréjus. En intervenant dans les milieux ruraux, nous aidons les mairies à trouver des subventions pour financer notre venue et proposer des concerts gratuits pour le public. Parfois cela impulse un rythme culturel dans une petite commune. C’est une vraie satisfaction, nous travaillons pour nous ponctuellement mais aussi, sur le long terme, pour les habitants et le territoire. La proximité avec le public touche beaucoup les artistes. Dans un bus, le premier rang est à 50 centimètres de la scène. C’est une expérience humaine et artistique très intense. Beaucoup de spectateurs n’ont pas les codes ou l’habitude de l’opéra, ils commentent le spectacle, posent des questions, ce qui rend le partage incroyable. Dans l’Opérabus, avec ces publics-là, il faut des artistes généreux, qui ont envie d’être dans cette démarche. »
Delphine Marty, responsable de la diffusion et de l’itinérance, le Camion-Opéra (Lyon)
« L’Opéra de Lyon loue le camion à la compagnie de magie L’Absente, dirigée par Yann Frisch, qui a conçu cet outil pour aller au plus près des publics. Nous nous sommes glissés dans cette ingénierie pour déployer dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et ses douze départements un opéra contemporain qui parle d’écologie : Le Sang du glacier, de Claire-Mélanie Sinnhuber, écrit par Lucie Vérot Solaure et mis en scène par Angélique Clairand. Il a été conçu pour ce plateau de 6 mètres sur 8, très loin des conditions d’un opéra traditionnel. Depuis deux saisons, c’est une très belle aventure pour le public mais aussi pour les artistes, qui ne se retrouvent pas souvent dans cet état de grande proximité avec les...
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