Saisi par le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), le tribunal judiciaire de Paris a récemment ordonné à l’hébergeur OVH de bloquer deux sites se livrant à la vente de fausses écoutes.
La manipulation d’écoutes, ou « fraude aux streams », consistant à gonfler artificiellement la popularité d’un titre fragilise l’ensemble de la filière musicale. Le Centre national de la musique (CNM) estime que 1 % à 3 % des écoutes en France seraient frauduleuses, soit 1 à 3 milliards de streams détectés(1). Dans ce contexte, le tribunal judiciaire de Paris, saisi par le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), a récemment ordonné à l’hébergeur OVH de bloquer deux sites se livrant à la vente de faux streams, reconnaissant ainsi le préjudice subi par les artistes et les producteurs(2).
Une fraude massive
Les sites qui vendent de fausses écoutes reposent sur un système bien rodé : des comptes piratés ou des bots font tourner des titres en boucle, générant des millions d’écoutes artificielles. Pour prouver ces pratiques, le SNEP a effectué des achats tests : 10 000 écoutes ont été commandées pour des titres créés spécialement. En quelques jours, le nombre d’écoutes a augmenté d’autant sur Spotify et SoundCloud, et de plusieurs milliers sur YouTube. Selon le CNM, la fraude concernerait des projets variés : des artistes en développement cherchant à apparaître dans les playlists, mais aussi des artistes confirmés.
Des conséquences économiques majeures
Le système de rémunération sur les plateformes est majoritairement basé sur un modèle de répartition proportionnelle : les revenus générés par les abonnements sont regroupés dans une enveloppe globale, puis redistribués entre les ayants droit au prorata du...
Lire la suite sur lalettredumusicien.fr




