Le spectacle vivant traverse une crise profonde. Entre baisses de subventions, difficultés de diffusion et montée des censures, les professionnels s'inquiètent pour l'avenir. Les modèles économiques sont remis en question et les réductions de voilure dans les salles subventionnées rejaillissent sur le secteur privé.
L'heure est grave pour Nicolas Marc, le fondateur des Biennales internationales du spectacle (Bis) qui réunit tous les deux ans le monde du spectacle vivant. « Jamais la culture, le spectacle vivant et celles et ceux qui les font vivre n'auront été aussi attaqués : resserrements budgétaires, crise de la diffusion, polarisation idéologique, montée des réflexes illibéraux, menaces sur la liberté de création et de diffusion. Des menaces qui n'ont pas manqué de frapper les Biennales internationales du spectacle », énumérait récemment le responsable, à Nantes, lors de la dernière édition de ces rencontres.
Parmi les intervenants, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, avait fait le déplacement pour défendre la culture publique. Celle-ci repose essentiellement sur des financements croisés (Etat-collectivités) et il peut y avoir un risque de choc systémique dès que l'un des partenaires se retire comme l'ont fait certains départements ou régions.
Réduction des tournées
Pour leur part, les acteurs de la culture privée ont témoigné d'un effet domino, en période de restriction budgétaire, constatant qu'ils ont beaucoup plus de difficultés à vendre leurs productions aux salles publiques victimes de baisses de subventions.
« Les tournées deviennent compliquées à construire, c'est difficile d'avoir plus de dix dates alors qu'on pouvait en avoir jusqu'à quatre-vingts avant le Covid. Par conséquent, nous avons réduit nos créations d'une trentaine à une douzaine dans l'année », confie Fleur Houdinière, qui codirige le théâtre La Bruyère à Paris et la société de production et de diffusion de spectacles Atelier Théâtre Actuel.
L'Association Festival & Compagnies, qui organise chaque été le Off d'Avignon avec 1.600 spectacles à l'affiche, a mené un sondage auprès de ses adhérents et s'est rendu compte que 80 % des spectacles présentés ont vendu moins de cinq dates dans la foulée. « Cela a été un électrochoc car le festival Off n'est que le miroir déformant du malaise de la diffusion en France », pointe Laurent Domingos, coprésident de AF&C.
Pour les artistes émergents qui assureront la diversité des propositions demain, la baisse progressive des aides publiques, comme le Fonpeps lorsqu'elles tournent dans les petites salles, est un vrai sujet. Ce fonds, qui a apporté 60 millions de...
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