Le budget 2026 emprunte le même chemin que celui de 2025, entraînant baisses et retards de versement. Comment les ensembles peuvent-ils s’adapter à ces circonstances ? Deux réponses, du Café Zimmermann et de Proxima Centauri.
Héloïse Roussat, administratrice chargée de la diffusion de l’ensemble Café Zimmermann
« Nous sommes soutenus par la DRAC, la Métropole et la Région et avons la chance d’être conventionnés sur trois ans. Les aides au projet constituent une part importante de notre budget. J’ai une liste d’une quinzaine d’organismes et je m’occupe de la veille, régulièrement je recherche de nouveaux dispositifs et je me tiens informée sur les changements. Il n’y a pas vraiment de solution miracle pour les périodes difficiles. Les aides au projet sont généralement versées plus rapidement que les subventions publiques, elles permettent parfois de tenir selon les projets planifiés à cette période-là. Quand cela devient trop difficile, il est possible de demander un acompte aux organisateurs en amont des concerts, d’optimiser son budget : mensualiser les dépenses, voire suspendre celles qui ne sont pas essentielles. Certains ensembles se tournent aussi vers le mécénat. L’erreur à ne pas faire selon moi est de compter sur les aides dans la stratégie budgétaire. Une subvention n’est jamais acquise, tant qu’elle n’est pas arrivée sur le compte, je considère qu’elle pourrait potentiellement ne pas arriver. Vu le contexte de politique publique actuelle, il faut être prudent, notamment pour les jeunes ensembles qui n’ont pas forcément de visibilité. L’année dernière, les subventions ont été versées très tard, certaines au mois de juin. Cette année invite aussi à la prudence vu le calendrier du budget de l’État. »
Marie-Bernadette Charrier, directrice artistique et saxophoniste de l’ensemble Proxima Centauri
« Depuis la crise du covid, le contexte a changé. Les institutions qui soutenaient sur le long terme se désengagent. Depuis 2020, nous avons perdu environ 50 % de nos soutiens. Les démarches sont longues et doivent être anticipées au moins un an à l’avance. Les dispositifs changent parfois leur calendrier et leurs critères sans prévenir, ce qui peut entraîner un refus malgré un dossier solide. Nous avons mis en place une organisation rigoureuse qui mobilise toute l’équipe, avec des rétroplannings, des tableaux de suivi et une veille. Auparavant, nous faisions cinq ou six dossiers par an, l’année dernière, nous en avons déposé dix-huit. C’est une charge de...
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