Depuis le 1er janvier 2026, Aurelia Ivan dirige Le Mouffetard – Centre national de la Marionnette. Elle a succédé à Isabelle Bertola. Elle souhaite donner un nouveau souffle au lieu, en multipliant les partenariats avec d’autres théâtres à Paris et en cherchant une salle avec un plateau plus vaste pour accueillir les grandes formes.
Vous êtes la nouvelle directrice du Mouffetard – Centre national de la Marionnette. Un théâtre longtemps dirigé par Pierre Santini, qui, depuis 2013, est dédié à la marionnette. Vous avez succédé à Isabelle Bertola. Vous pilotez également la compagnie Tsara. Pourquoi avez-vous eu envie de diriger un lieu ?
Aurelia Ivan : J’ai rencontré les arts de la marionnette pendant mes études au Conservatoire national d’art dramatique de Bucarest. C’est un art qui a bouleversé mon parcours professionnel et j’ai décidé de suivre cette voie. C’est un art protéiforme, millénaire, issu de totems, de rituels. C’est un patrimoine immatériel de l’humanité. J’ai continué ce parcours en France en 2003, à l’École nationale supérieure des arts de la Marionnette, à Charleville-Mézières. Avec Antoine Blesson et Allan Périé, nous avons créé une biennale dédiée aux arts de la marionnette à l’ouest de Paris, qui, depuis 2020, se déploie sur le nord des Yvelines, entre Poissy et Mantes-la-Jolie. Et puis l’appel à candidatures pour diriger le Centre national de la Marionnette est arrivé. Il m’est apparu comme une sorte de continuité.
À quand remonte votre amour pour la marionnette ? À l’enfance ?
Non, cela ne remonte pas du tout à l’enfance. C’est vraiment une rencontre que j’ai faite pendant mes études en Roumanie. Enfant, je n’ai jamais tellement joué à la poupée ou avec des objets. J’étais plutôt une enfant passionnée par la lecture. C’est vraiment une rencontre que j’ai faite tardivement. Un choc esthétique tardif.
Allez-vous présenter vos propres spectacles au Mouffetard ?
Non, car le Centre national de la Marionnette n’est pas un Centre dramatique national. Je n’ai pas candidaté pour y installer ma compagnie. Je continuerai donc en parallèle mon travail de création et d’artiste dans d’autres structures.
Le label Centre national de la Marionnette est assez récent, il date de 2021. Qu’est-ce que cela a changé pour les artistes ?
La création de ce label est un combat de plusieurs générations de marionnettistes et de directrices et directeurs de structures. Cette structuration était nécessaire. C’est une reconnaissance et une sécurité aussi pour l’avenir de la discipline.
Aujourd’hui, les artistes-marionnettistes sont programmés dans tous les lieux labellisés. Renaud Herbin a dirigé le TJP CDN de Strasbourg, Camille Trouvé et Brice Berthoud des Anges au Plafond pilotent le CDN de Rouen. Le regard de la profession a-t-il changé sur les arts de la marionnette ?
En tout cas, nous l’espérons fortement. Et je pense que, justement, avec ces artistes-marionnettistes à la tête de différentes structures, cela contribue à la visibilité et à la reconnaissance de notre art.
Vos mises en scène révèlent une réflexion et une recherche sur le croisement des arts et sur le rapport à l’institution théâtrale. On parle aussi de théâtre d’objets, plus que de théâtre de marionnettes. Est-ce que cela vous correspond plus ?
Je ne sais pas si c’est vraiment quelque chose qui me correspond, mais je pense que cet art est profondément hybride et transversal. Pour faire un spectacle de marionnettes, il faut une attention particulière à toutes les dimensions de la présence, du mouvement, du corps, de la danse, de l’art, du théâtre, tout simplement. Et donc, un bon spectacle de marionnettes, c’est un grand spectacle de théâtre. Je trouve que la...
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