Alors qu’une nouvelle baisse de crédits se profile, 28 directeurs de scènes nationales et de compagnies poussent un cri d’alarme. Après des années d’économies et de réductions des marges, « nous n’avons plus aucune réserve », affirment-ils.
Alors que Bercy prévoit des coupes budgétaires sévères sur le spectacle vivant, avec une nouvelle baisse en septembre qui s’ajoutent à celles du dernier budget, le secteur pousse un cri d’alarme. Dans une lettre ouverte, 28 directeurs et directrices de centres dramatiques, de scènes nationales, de théâtres ainsi que de sept opéras - dont ceux de Bordeaux, Rouen, Montpellier et Strasbourg - et de quatre orchestres - Île-de-France et Pays de Loire notamment - parlent d’une « situation d’incertitude sans précédent ».
Jusque-là, les subventions d’État n’ont pas été versées dans leur intégralité, pour cause de remaniement gouvernemental en début d’année 2026. Mais tandis que chacun attendait le reliquat, « nous apprenons que de nouvelles coupes budgétaires pourraient intervenir sur l’exercice 2026 » s’étonnent les signataires.
Point de rupture
Or, après des années de hausse des coûts d’énergie, des salaires et des charges, qui ont eu pour conséquences une baisse des marges, un report des investissements et une compression des dépenses dans toutes les institutions, « il n’existe plus aucune réserve ». « Nous sommes arrivés au point de rupture », affirment les signataires.
En jeu : l’annulation d’une partie des saisons 2026-2027 avant même leurs ouvertures, des contrats dénoncés avec des artistes et des producteurs réservés un ou deux ans à l’avance, ou le recours au chômage partiel. « Une désorganisation profonde de l’ensemble de la filière se profile », peut-on lire dans la lettre.
Sur France Musique, jeudi, Catherine Pégard s’est voulue rassurante en expliquant qu’elle était « toujours en discussion et que rien n’était décidé ». Mais il faudra tout de même « faire des efforts » a-t-elle concédé, « établir des priorités et revoir les modèles économiques », en faisant appel au mécénat et...
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