La ministre de la culture, Catherine Pégard, qui s’est rendue à Avignon samedi, a confirmé des coupes budgétaires drastiques dans le spectacle vivant. De son côté, le Festival « off » donne la parole aux futurs candidats à la présidentielle.
Sur le totebag de Nina, cette citation de Louis Jouvet : « Rien n’est plus nécessaire que le théâtre. » Ils sont une petite trentaine à s’être comme elle rassemblés samedi 4 juillet à l’appel de la CGT avec banderoles et fanions devant la maison Jean-Vilar, en face de l’hôtel de ville d’Avignon, pour accueillir Catherine Pégard, la ministre de la culture, qui a confirmé quelques heures plus tôt qu’il allait falloir s’attendre à des coupes dans les budgets de la culture.
A Avignon, pendant le Festival, tout ressemble un peu à du théâtre. Entre les joutes verbales façon commedia dell’arte d’une troupe distribuant les tracts pour inviter à son spectacle, les youyous accueillant de jeunes mariés à la sortie de la mairie et la manifestation des intermittents du spectacle, difficile de trier ce qui relève de la comédie humaine ou de l’artefact. Cinq policiers municipaux font barrière de leurs corps face aux protestataires, que la ministre, imperturbable, recevra en petit comité pour expliquer, comme elle le fera encore une demi-heure plus tard en conférence de presse : « Je ne peux m’engager à quoi que ce soit. C’est en négociation avec Bercy. Nous traversons, comme vous le savez, une période extrêmement difficile sur le plan budgétaire, et la crise sanitaire qui s’ajoute, avec la canicule, à cette crise politique, économique… »
Dans la rue, le militant de la CGT Spectacle s’époumone dans l’hygiaphone : « Nous voulons vivre de nos œuvres, de nos arts, de nos métiers, de nos… de nos journées passées à tracter. » On peut sourire, mais à Avignon, l’ambiance n’est pas rose. La patronne du Théâtre du Rond-Point, croisée dans le « off », a les traits tirés : « On n’a peut-être pas été assez clairs. S’ils nous coupent ces subventions, autant mettre la clé sous la porte. C’est tout le secteur qui est impacté », s’afflige Laurence de Magalhaes. A moins d’un an de l’élection présidentielle, il y a de quoi s’inquiéter. La culture a-t-elle encore une place dans le calendrier des politiques ?
Des propositions concrètes
La direction du Festival « off » d’Avignon a justement voulu imposer le sujet et, en s’appuyant sur l’initiative d’un groupe de jeunes metteurs en scène, a décidé d’offrir à tous les potentiels candidats à la présidentielle l’occasion de dérouler en public leurs objectifs de politique culturelle. Sur la scène de son « Agora », au village du « off », les invités vont ainsi, au long du Festival, se prêter à tour de rôle pendant une heure top chrono au jeu des questions-réponses face à la journaliste de France Culture Marie Sorbier. Objectif : des propositions concrètes sur lesquelles imaginer un programme.
Tout commence en juin 2024 par une tribune dans Le Nouvel Obs. Titrée « Que ferons-nous quand le député RN viendra serrer des paluches à l’inauguration de nos festivals de théâtre ? », elle était signée de Victorien Bornéat, Hugo Roux, Maya Ernest, et Hugues Duchêne. Ces metteurs en scène sont...
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