Cumul des casquettes, management toxique, dévotion sacrificielle, confusion entre vie professionnelle et vie privée… Des travailleuses et travailleurs, dans tous les secteurs liés à la musique, témoignent d’un épuisement professionnel profond.
Quand Anna (1), jeune diplômée de 22 ans, débarque dans les locaux de l’une des trois majors de l’industrie musicale (2), ses yeux pétillent. Des équipes qui fourmillent autour de projets artistiques, des concerts et des verres après le travail… «A l’époque, je me dis wahou, c’est une ambiance familiale !», se souvient l’ex-salariée. Le revers de la médaille se fait sentir peu de temps après la signature de son contrat. Dès le réveil, les notifications Slack et WhatsApp font vibrer son téléphone pour annoncer les urgences de la journée. Ses soirées et ses week-ends sont rapidement condamnés par le rattrapage des tâches de la semaine. «Certains de mes collègues dorment carrément sur notre lieu de travail», enchaîne-t-elle. Assez régulièrement, les équipes internationales, américaines ou anglaises, débarquent dans les bureaux avec des KPI (Key Performance Indicator, ou indicateur clé de performance), dans le but d’évaluer la productivité des salariés. «On ne parlait plus de musique. On parlait chiffres et nombre de streams dans une ambiance générale de stress. Parfois, je devais élaborer....
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